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Culture - Événement

Lawrence Abu Hamdan, artiste désigné de l’Armory Show 2015

En mars, New York se met aux couleurs des artistes du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de la Méditerranée. Le fameux Armory Show consacre en effet un focus à la région Menam concocté par le commissaire Omar Kholeif, lequel a désigné Lawrence Abu Hamdan comme artiste à l'honneur.

C'est un artiste féru de technologies. Un innovateur geek qui manipule aussi bien les pinceaux que le burin, mais aussi toute une pléthore d'équipements audiovisuels dont il en a inventé quelques-uns. Lawrence Abu Hamdan, qui avait dernièrement scotché l'assistance du Beirut Art Center par une conférence-performance des plus intelligemment construites, intitulée «Contra-diction: Speech Against Itself», en collaboration avec la vidéaste Nisrine Khodor. Il y explorait, à travers la doctrine de la «taqiyya» (le droit à un croyant de masquer ses convictions religieuses par crainte de persécution), des faits sociopolitiques actuels en rapport avec les événements houleux dans notre région et notamment le cas des druzes du nord de la Syrie. L'artiste, qui partage sa vie entre Beyrouth et Londres, travaille essentiellement des installations audios, vidéos, des sculptures et des performances, toujours en explorant les questions relatives aux droits de l'homme et au droit international. Abu Hamdan a ainsi été choisi par le commissaire Omar Kholeif, écrivain et curateur à la White Chapel Gallery de Londres, comme artiste à l'honneur de l'Armory Show, la foire new-yorkaise d'art moderne et contemporain, qui aura lieu pour sa 17e édition du 5 au 8 mars 2015 et accueillera plus de 180 galeries issues de 27 pays.
Cette plateforme, dédiée à un public de collectionneurs et d'amateurs avertis, se penchera plus particulièrement cette année sur le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et la Méditerranée (Menam). Une attention portée sur les galeries et le paysage artistique soutenue par les partenaires culturels Edge of Arabia et Art Jameel.


Lawrence Abu Hamdan va participer à la mise en place de la foire, établir son esthétique globale et créer une œuvre in situ pour l'occasion, qui deviendra une édition limitée pour les collections du MoMA.
Dans un communiqué, le directeur exécutif de la foire, Noah Horowitz, a déclaré: «En seulement quelques années, Abu Hamdan est devenu un artiste émergent des plus décisifs de sa génération, travaillant à travers les frontières et les disciplines.»


Pour le curateur Omar Kholeif, «Abu Hamdan est l'une des voix artistiques les plus pressantes actuellement. Sa pratique artistique soulève des questions cruciales à propos de notre dépendance à la technologie et à son exploitation continue par les sources de pouvoir. L'artiste brouille le politique et le personnel avec ironie. Il a capturé mon imagination à travers les années et je suis certain qu'il fera de même à l'Armory Show.»
Et d'ajouter: «L'œuvre d'Abu Hamdan tente de mesurer la relation contemporaine entre l'écoute et la politique, les frontières, les droits de l'homme, le témoignage, la vérité et le droit international. Et ce à travers la production de documentaires audios et narratifs, d'essais, d'installations audiovisuelles, de graphic design, de sculpture, de photographie, d'ateliers de travail et de performances.»


C'est à l'ancienne salle d'armes du 69e régiment d'infanterie des États-Unis, à New York, que se tient The Armory Show. D'où le nom. De cette foire qui coïncide exceptionnellement cette année avec la Triennale du New Museum, exposition internationale dévouée au début de carrière d'artistes du monde entier.
Armory Show comprend également la Armory Arts Week, un programme culturel d'événements et d'expositions déployé dans la ville, ainsi que d'une soirée d'ouverture de gala au Musée d'art moderne et le séminaire Open Forum.
La partie contemporaine du Armory Show se déroule dans l'espace Pier 94, où les galeries présentent des œuvres inédites d'artistes.
La partie moderne du Armory Show, qui se déroule dans l'espace Pier 92, est dédiée aux marchands d'art internationaux spécialisés dans les œuvres significatives du XXe siècle.


«Pour le Armory Show, je produis une collection d'œuvres issues de recherches à partir d'expérimentations conduites par un groupe de chercheurs de MIT, indique Abu Hamdan. Ces derniers ont développé quelque chose intitulé "The Visual Microphone" ou le microphone visuel. Il leur permet d'extraire un son, comme la parole, en enregistrant les micro-vibrations sur la surface d'objets comme la feuille d'une plante ou un paquet de chips. Imperceptiblement, les objets qui nous entourent sont en train d'enregistrer chacune de nos paroles.»


Abu Hamdan, qui se dit «réincarné» en Jordanie en 1985, est fasciné par les divers types de dispositifs d'écoutes utilisés dans le système politique et légal actuel. En 2013, dans le but d'insérer son travail directement dans ces forums, il a permis à un tribunal d'utiliser son «The Freedom of Speech Itself» (2012).
L'artiste a reçu des accolades dans de nombreux sites où il a exposé dont le Van Abbemuseum, le Tate Modern, la Biennale de Taipei, MuHKA Antwerp, MACBA Barcelona, Khoj Delh, Wyspa Institute of Art Gdansk et The Showroom de Londres. Il a été le curateur de nombreux événements à Amsterdam et à Batroun Projects, au Liban. Il fait partie de la team du Forensic Architecture du Goldsmiths College de Londres où il donne des conférences et poursuit son PHD.

 

 

Présence libanaise et arabe

À l'Armory Show 2015, la galerie beyrouthine Agial présente les œuvres de Saloua Raouda Choucair, Saba Innab et Tanbak. Lamia Joreige est représentée par la galerie Taymour Grahne de New York. On note également la présence de Raed Yassine (galerie Kalfayan, Athènes) et Shafic Abboud (galerie Claude Leman). Signalons par ailleurs la participation de la Palestinienne Mona Hatoum, de l'Iranienne Setareh Shahbazi, de l'Irakien Dia el-Azzawi, du Syrien Marwan Kassab Bachi, du Palestino-saoudien Ayman Yossri Daydban et du Saoudien Ahmed Mater, entre autres.

C'est un artiste féru de technologies. Un innovateur geek qui manipule aussi bien les pinceaux que le burin, mais aussi toute une pléthore d'équipements audiovisuels dont il en a inventé quelques-uns. Lawrence Abu Hamdan, qui avait dernièrement scotché l'assistance du Beirut Art Center par une conférence-performance des plus intelligemment construites, intitulée «Contra-diction: Speech Against Itself», en collaboration avec la vidéaste Nisrine Khodor. Il y explorait, à travers la doctrine de la «taqiyya» (le droit à un croyant de masquer ses convictions religieuses par crainte de persécution), des faits sociopolitiques actuels en rapport avec les événements houleux dans notre région et notamment le cas des druzes du nord de la Syrie. L'artiste, qui partage sa vie entre Beyrouth et Londres, travaille essentiellement des...
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