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Une prison "perquisitionnée" au Liban après un attentat

La police libanaise menait lundi une "perquisition" d'envergure dans la plus grande prison du pays après des informations sur des liens entre des détenus et un double attentat dans une ville du nord ce weekend.

Cette opération intervient deux jours après une double attaque suicide qui a fait neuf morts à Tripoli, la grande ville du nord du Liban minée par des violences communautaires liées au conflit en Syrie voisine.

Les forces de sécurité intérieure (FSI) ont annoncé qu'une "opération" était en cours dans un bâtiment de la prison surpeuplée de Roumié, principal établissement pénitentiaire du Liban, au nord-est de Beyrouth.

La police a précisé avoir "découvert des liens entre plusieurs prisonniers et les attentats terroristes à Jabal Mohsen", un secteur de Tripoli.

Le "bâtiment B" de la prison de Roumié abrite des détenus islamistes qui, en raison de la corruption, du manque de personnel et de l'influence de parties politiques et religieuses, ont accès à des téléphones portables, des ordinateurs et de l'argent.

L'établissement a été le théâtre de nombreuses mutineries au cours desquelles les détenus, certains disposant d'armes blanches selon des témoins, ont pris en otage des gardiens et mis à feu à des cellules.

Jabal Mohen est un secteur alaouite de Tripoli, ville à majorité sunnite.

Les alaouites sont partisans du régime syrien de Bachar al-Assad, lui-même issu de cette branche du chiisme, tandis que les sunnites sont en faveur de la rébellion en Syrie.

Des combats entre des membres des deux communautés ont éclaté à plusieurs reprises au Liban depuis le début du conflit syrien en 2011.

Le double attentat de samedi a été revendiqué par le Front Al-Nosra, branche d'Al-Qaïda en Syrie, qui a affirmé qu'il s'agissait de venger un double attentat contre des mosquées sunnites à Tripoli ayant fait 45 morts en août 2013.

Al-Nosra, qui combat le régime en Syrie, et l'organisation Etat islamique détiennent depuis l'été 30 soldats et policiers libanais enlevés dans l'est du Liban. Quatre d'entre eux ont été déjà exécutés.

L'armée libanaise est accusée par ces deux groupes jihadistes d'être sous la coupe du Hezbollah chiite libanais, leur bête noire en raison de son combat aux côtés du régime en Syrie.

Lundi, alors que la perquisition de la prison était en cours, Al-Nosra a renouvelé ses menaces de s'en prendre à la vie de ses otages.

"Vu la détérioration de la sécurité au Liban, attendez-vous à des surprises concernant le sort de nos prisonniers", a tweeté le groupe.
La police libanaise menait lundi une "perquisition" d'envergure dans la plus grande prison du pays après des informations sur des liens entre des détenus et un double attentat dans une ville du nord ce weekend.Cette opération intervient deux jours après une double attaque suicide qui a fait neuf morts à Tripoli, la grande ville du nord du Liban minée par des violences communautaires liées au conflit en Syrie voisine.Les forces de sécurité intérieure (FSI) ont annoncé qu'une "opération" était en cours dans un bâtiment de la prison surpeuplée de Roumié, principal établissement pénitentiaire du Liban, au nord-est de Beyrouth.La police a précisé avoir "découvert des liens entre plusieurs prisonniers et les attentats terroristes à Jabal Mohsen", un secteur de Tripoli.Le "bâtiment B" de la prison de Roumié abrite des...