Le président iranien Hassan Rohani a présenté dimanche au Parlement un projet de budget "prudent" pour la prochaine année (mars 2015-mars 2016) préparé sous la "pression" de la baisse des revenus pétroliers.
L'Iran, qui dispose des quatrièmes réserves mondiales de pétrole, tente depuis plusieurs années de réduire sa dépendance à l'or noir, qui reste sa première source de revenus en devises.
En raison de l'embargo pétrolier instauré en 2012 par les Etats-Unis et l'Europe pour tenter de stopper les ambitions nucléaires de Téhéran, les exportations de brut iranien ont chuté de plus de 2,2 millions de barils par jour (mbj) en 2011 à environ 1,3 mbj actuellement.
Mais la chute des cours du brut, qui a perdu plus de 30% de leur valeur depuis juin à 70 dollars, va entraîner une "pression" supplémentaire sur le budget, a affirmé le président Rohani devant les députés, qui doivent examiner puis voter le texte.
"Une telle baisse est sans précédent, a-t-il dit. Le gouvernement, dont une partie du budget provient de la vente de pétrole, sera sous pression". "Notre économie doit se diriger vers une économie d'exportations non-pétrolières. La baisse des prix du pétrole est une nouvelle occasion d'accélérer cette évolution", a-t-il expliqué, au cours d'un discours retransmis à la télévision d'Etat.
"La part des revenus non-pétroliers va passer de 47% (cette année) à 53% durant la prochaine année fiscale", a-t-il précisé, en soulignant avoir inscrit 24 milliards de dollars de revenus pétroliers dans son budget prévisionnel.
Selon les médias, le prix du baril a été calculé à 72 dollars, contre 100 dollars cette année, avec un taux de change officiel de 28 500 rials pour un dollar.
En outre, 20% des revenus des exportations pétrolières seront versés dans le Fonds souverain iranien, le Fonds national de développement, contre environ 30% cette année.
Le budget du gouvernement, qui sera à l'équilibre, a été calculé à 2 673 573 milliard de rials (93,8 milliards de dollars au taux officiel retenu), soit 32% du budget national, dont l'essentiel est représenté par le secteur étatique de l'économie (banques, industries, organisations paragouvernementales).
Le gouvernement a également prévu une hausse de 14% des salaires des fonctionnaires, alors que l'inflation atteint actuellement 17 et 18%, et relevé le taux de TVA de 8 à 10%.
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Iran: Rohani présente un budget moins lié au pétrole
AFP / le 07 décembre 2014 à 12h00

