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Culture - Beirut Chants

Naji Hakim, l’art virtuose de faire tonner les orgues

Naji Hakim n'en est pas à sa première visite au sol natal où les orgues ont tonné sous ses doigts à l'église du collège du Sacré-Cœur, lieu de son enfance et de sa prime éducation. Un moment exceptionnel pour une vertigineuse et lumineuse prestation.

Naji Hakim à l’orgue. Photo Marwan Assaf

Une grande église relativement pleine. Deux écrans géants de part et d'autre de l'autel, plongés dans la pénombre, avec la projection de l'organiste devant la console groupant claviers et commandes. Projection restituant, grâce à une caméra mobile dardant doigts sur les touches et pieds sur le pédalier, tous les deux au mouvement leste et impressionnant, la fluidité d'une musique majestueuse. Une musique venue en grande pompe (ce n'est pas une figure de style que de dire en grandes orgues!) du ventre même de l'imposant buffet du « roi des instruments » et parfois, à certains moments de tentation, de fléchissement ou de péché où l'enfer est au paradis, de la cornemuse du diable...
Menu englobant des partitions de Nicolas de Crigny, Jean-Sébastien Bach et César Franck, maîtres de l'instrument à vent, mais aussi et surtout quatre œuvres de l'interprète et compositeur, lauréat d'une dizaine de prix prestigieux dont celui décerné par le pape Benoît XVI et on nomme l'« Augustae crucis insigne pro ecclesia et Pontifice ». Pour l'excellence de son engagement et de son travail au bénéfice de l'Église et du Saint-Père.
Spiritualité, force narrative, touche de prière, passions domptées et ferveur sont les liens secrets et la tessiture de cette musique déferlante comme des vagues démontées et aux accords finaux enflammés, à emporter par ses notes d'orgues (sans jeux de mots !), incendiées et incendiaires, le chapiteau des trois nefs curieusement gardé dans l'obscurité...
Des fournées éruptives, crachant et bombardant des phrases entre ciel et terre, l'orgue, éructant, ronflant, tonnant, se perdant en quelques rares moments d'accalmie isolée, est ici un grand livre de la vie spirituelle, ouvrant toutes grandes ses pages illuminées. Des contrepointes de Crigny à l'architecture dentelée de Bach, en passant par l'ampleur en rosace de Franck, pour finir avec l'inspiration diversifiée de Naji Hakim (d'un farouche nationalisme depuis son ouverture jusqu'à l'envoûtante narration de sa brillante improvisation), l'orgue a ici une résonance des grands événements religieusement célébrés. Car toujours de caractère sacré.

Une grande église relativement pleine. Deux écrans géants de part et d'autre de l'autel, plongés dans la pénombre, avec la projection de l'organiste devant la console groupant claviers et commandes. Projection restituant, grâce à une caméra mobile dardant doigts sur les touches et pieds sur le pédalier, tous les deux au mouvement leste et impressionnant, la fluidité d'une musique majestueuse. Une musique venue en grande pompe (ce n'est pas une figure de style que de dire en grandes orgues!) du ventre même de l'imposant buffet du « roi des instruments » et parfois, à certains moments de tentation, de fléchissement ou de péché où l'enfer est au paradis, de la cornemuse du diable...Menu englobant des partitions de Nicolas de Crigny, Jean-Sébastien Bach et César Franck, maîtres de l'instrument à vent, mais aussi et...
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