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Culture - Spectacle

Ceci n’est pas un long film égyptien

Après Le Caire et en attendant d'être présentée au Centre Pompidou, « Gharam wa Intiqam » (« Love and Revenge »), performance sonore et visuelle signée Waël Kodeih et Randa Mirza, a revisité les grands classiques du cinéma égyptien au Métro al-Madina. Exaltant !

Tout le monde le sait. Gharam wa Intiqam est un film écrit, réalisé et interprété par Youssef Wahbi en 1944 à qui Asmahan donnait la réplique. Mais dans le cas de ce soir-là, Gharam wa Intiqam était tout autre chose. Un ovni artistique. Debout devant leurs platines et leurs ordis, Randa Mirza et Waël Kodeih ont offert à voir et à écouter un «film» d'un autre genre dont ils étaient en réalité les principaux interprètes. Une performance qui allie fictif et réel, passé et présent, Orient et Occident. Les deux artistes abattent les barrières, les frontières et les murs identitaires pour ne plus faire qu'un seul «moi» universel.
Gratter la musique, twister les sonorités en les manipulant, transformer et faire surgir de la texture principale d'autres étoffes musicales, çà, il en a l'habitude, celui qui s'est fait connaître sous le nom de Rayess Beck. Quant à l'artiste à ses côtés, celle qu'on prénomme «La Mirza», elle aussi, l'image ainsi que la musique, elle en a fait son affaire. C'est pourquoi elle parvient à former un tandem fusionnel avec Kodeih. Durant plus d'une heure, elle s'applique sur l'image, la fixe, la décortique, la démultiplie, mettant en évidence la sensualité des films égyptiens d'antan et leur glamour.
Les images se succèdent évoquant l'amour, la séduction ainsi que les rapports conflictuels d'un homme et d'une femme. Les grandes stars de l'âge d'or du cinéma égyptien défilent, témoignant d'une époque douce et légère. Cet âge d'or du cinéma avant-gardiste réactualisé est rendu accessible à tous par l'intermédiaire de l'électro et de ces arrêts sur images tellement vivants.


Alliance du visuel et du sonore
Arrêt sur les lèvres sensuelles de Chadia, les courbes de Samia Geammal ou la tête rejetée en arrière de Nadia Lotfi. Arrêt sur le regard, «la guerre des regards», comme on le dit si bien en arabe. Ces regards... tellement omniprésents dans le cinéma égyptien. C'est Randa Mirza qui orchestre le montage, assure la sélection des extraits filmiques et, par conséquent, leur rythme. Pour fixer l'image, elle devient elle-même immobile, tandis que son partenaire ondule ses gestes et ondoie son corps. La symbiose se fait entre l'acte et l'inaction. Le film est alors recréé devant la salle en mouvement. Alliance du visuel et du sonore.
Revoir Khalli Balak min Zouzou, Abi Fawk al-Chajara, Mamnou3 el-Hob, Ya Msafer, Khamsa Minak et Abou Gallbak, à la sauce Kodeih et Mirza, est simplement jubilatoire ! La tension monte, grimpe, atteint son paroxysme. L'audience, assise ou debout, tangue entre le virtuel et la réalité. Alors que la performance est prête de finir, le duo va encore surprendre son public et le prendre à contre-pied en revenant sur scène pour remanier la bande sonore de Grindizer, symbole des mangas années 90. Monumental.

 

 

Tout le monde le sait. Gharam wa Intiqam est un film écrit, réalisé et interprété par Youssef Wahbi en 1944 à qui Asmahan donnait la réplique. Mais dans le cas de ce soir-là, Gharam wa Intiqam était tout autre chose. Un ovni artistique. Debout devant leurs platines et leurs ordis, Randa Mirza et Waël Kodeih ont offert à voir et à écouter un «film» d'un autre genre dont ils étaient en réalité les principaux interprètes. Une performance qui allie fictif et réel, passé et présent, Orient et Occident. Les deux artistes abattent les barrières, les frontières et les murs identitaires pour ne plus faire qu'un seul «moi» universel.Gratter la musique, twister les sonorités en les manipulant, transformer et faire surgir de la texture principale d'autres étoffes musicales, çà, il en a l'habitude, celui qui s'est fait...
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