Louay Hussein, un vétéran de l'opposition syrienne résidant à Damas, a été mis en prison au lendemain de son arrestation alors qu'il s'apprêtait à quitter la Syrie, a affirmé jeudi à l'AFP son avocat.
"Le premier juge d'instruction à Damas a décidé d'arrêter l'opposant syrien Louay Hussein (...) qui a été transféré à la prison d'Adra", au nord de Damas, a affirmé Me Michel Chammas, contacté depuis Beyrouth.
L'opposant de 54 ans est accusé "d'affaiblir le sentiment national et de propager des mensonges, après un article qu'il a écrit en juin dans le quotidien (arabophone) Al-Hayat" où il a violemment critiqué le régime syrien dirigé par la famille Assad depuis plus de 40 ans.
Il y a une semaine, M. Hussein avait déclaré dans un communiqué que le régime de Bachar al-Assad "était en train de s'effondrer", appelant ses compatriotes "à oeuvrer publiquement (...) en vue d'une coalition représentant le pouvoir et l'opposition" pour se substituer au régime actuel.
Selon son avocat, ce communiqué a précipité les choses, poussant les autorités à arrêter l'opposant mercredi à la frontière avec le Liban alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Espagne via Beyrouth pour une visite familiale.
M. Hussein est président du Mouvement pour la construction de l'Etat syrien, une formation créée en 2011 quelques mois après le début de la révolte anti-régime et qui fait partie de l'opposition de l'intérieur "tolérée" par le régime.
"Ce régime ne peut pas accepter qu'il y ait des opposants pacifiques, même modérés", a dénoncé l'avocat Chammas.
M. Hussein, un alaouite, la minorité à laquelle appartient M. Assad, est connu pour son franc-parler.
Dans l'article d'Al-Hayat, il affirme que Bachar el-Assad mais aussi son père avant lui Hafez el-Assad "n'ont pas su créer un véritable Etat", estimant qu'avec l'actuel président, au pouvoir depuis 2000, les institutions de l'Etat se sont transformées en "outils de dictature".
Opposant laïque depuis les années 1980, durant lesquelles il avait été emprisonné et torturé pendant quatre ans, il a été arrêté dans la foulée de la révolte après avoir exprimé sa solidarité avec les manifestations pacifiques à Deraa (sud) qui réclamaient des réformes politiques, avant qu'elles ne soient réprimées dans le sang.
Cette répression avait provoqué la militarisation de la révolte, la Syrie basculant dans une brutale guerre civile qui a fait plus de 195 000 morts depuis mars 2011.
Dernières Infos
Syrie: l'opposant Louay Hussein écroué (avocat)
AFP / le 13 novembre 2014 à 16h43

