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Flirter sur le Web, boîte à fantasmes ou bouée de sauvetage ?

La rupture sur Internet : déprime et désir de vengeance

OLJ
28/07/2014

Qu'en est-il quand l'amour, né sur Internet, n'existe plus ?
Lorsqu'on est en face de quelqu'un et qu'on lui annonce une nouvelle, bonne ou mauvaise, on a droit à sa réaction immédiate. Surprise, joie, colère, peur, étonnement ou gêne sont des sentiments et des émotions que l'on se prend de plein fouet. Avec Internet, celui qui largue a la possibilité de camoufler ses réactions et de mieux s'y préparer. En revanche, l'abandonné(e) se retrouve seul face à cette annonce et bien souvent ne sait pas quoi répondre, comment réagir puisque celui qui est concerné n'est pas là pour en discuter et pour en prendre pour son grade.
Internet permet donc de se désengager sans trop de danger. Mais n'est-on pas aux limites de la lâcheté ? Christine, 45 ans, en a fait les frais et raconte sa galère : « J'ai commencé à avoir échanges avec une vague connaissance sur Facebook. Nous passions toutes nos soirées à discuter. Daniel me disait que c'était un réel plaisir, qu'il me trouvait très jolie. Quelle belle façon de terminer la journée après le stress du boulot. Un soir, nous discutions de tout et de rien puis d'un coup, plus de réponse. Je lui demande s'il est toujours connecté. Il me répond : "Trop de boulot." Pendant sept jours, aucune nouvelle. Inquiète, je lui envoie un message pour savoir si tout allait bien. Il s'excuse de n'avoir pas pu avoir accès à Internet ces derniers jours. Et puis plus rien. Je retente un petit contact, mais en vain. De nouveau, le silence total. J'ai beau relire nos échanges, je ne comprends pas ce qui s'est passé, ce que j'ai pu dire ou ne pas dire qui aurait causé cet éloignement subit. Daniel me manque beaucoup, nos rendez-vous de fin de journée aussi. Je ne l'ai jamais rencontré et pourtant je me sens si proche de lui. Je lui ai offert mon cœur. Et lui m'a fait des promesses qu'il n'a jamais tenues. Du jour au lendemain, il m'ignore. Je déprime et je pense bien que je m'enfonce dans cet état. Je manque de force pour refaire surface. Pourtant au départ, je ne cherchais pas l'amitié sur Facebook, encore moins l'amour. Aujourd'hui le cœur brisé, déçue, tourmentée, je souffre. Je me sens si mal. »

Outil d'espionnage
Gérer une rupture n'est pas toujours facile et les réseaux sociaux ne simplifient pas la tâche. Ces derniers ont changé la façon de vivre la rupture. Avant Internet, suite à une séparation, prendre des nouvelles de son ex revenait à réaffirmer qu'un lien fort existait encore entre deux personnes. Avec Internet, il est devenu difficile de tourner la page. Car rompre sur Internet, c'est aussi pouvoir continuer à avoir des nouvelles de l'autre, et parfois à son insu. Facebook est le maître pour ça : photos, statuts, commentaires permettent de « talonner » l'ex, de favoriser une observation passive ou même un suivi flottant. Cette impression de contrôler « l'autre » est à double tranchant. On peut d'un côté être flatté, rassuré, fier de voir qu'il (elle) ne se remet pas aussi bien qu'il (elle) le prétend de la rupture, ou au contraire, souffrir de voir qu'il (elle) continue sa vie plutôt de façon agréable et qu'il (elle) a même retrouvé un copain ou une copine en laissant éclater son bonheur.

Instrument de revanche ou de chantage
La rupture sur Internet peut donner lieu à une panoplie de moyens de vengeance pour ceux qui ne se remettent pas de la fin de leur histoire d'amour. Photos compromettantes, propos injurieux, diffusion de données personnelles peuvent être le recours de certains. On voit des photos qu'on ne voudrait pas voir, on lit des commentaires qu'on ne voudrait pas lire et on apprend des choses qu'on préférerait ignorer. Sans parler des risques de mauvaises rencontres.
« Je l'ai rencontré sur Internet. Lui et moi avions une même passion pour un jeu en ligne, confie Lina, employée, 26 ans. Au début, nos relations étaient amicales, nous ne discutions que pour parler du jeu. Petit à petit, nous nous sommes rapprochés et il m'a avoué ses sentiments. Il disait qu'il était tombé amoureux de moi. J'aurais dû fuir. À cette période, je sortais d'une relation compliquée et je ne voulais pas m'engager dans une autre relation, surtout virtuelle. Malgré tout, je me suis laissée séduire. Moi aussi, j'avais des sentiments pour lui. Nous avons échangé des photos, je me suis même laissée aller devant sa webcam. Lui faisant entièrement confiance, je lui ai confié mes secrets et me suis livrée complètement. Puis au fil des mois, je me suis rendue compte qu'il était étrange. Il n'a jamais voulu qu'on se rencontre. À chaque fois, il avait une bonne excuse pour se dérober. J'ai coupé les ponts et le pire a commencé. Il m'a menacé d'envoyer un enregistrement vidéo à tous mes contacts, et de le diffuser sur YouTube si je ne lui versais pas la somme de 3 000 dollars. Effrayée, paralysée à l'idée du scandale, j'ai dû malheureusement céder. J'ai été naïve, et je l'ai payé cher. »
C'est malheureusement le « côté obscur » d'Internet. Faut-il pour autant accabler la Toile ? Elle n'édifie ni ne détruit l'amour plus que d'autres inventions technologiques. Le défi des amoureux reste le même, quels que soient l'époque, les circonstances sociales et les outils techniques disponibles. Il s'agit d'un accessoire fantastique, que les hommes et les femmes peuvent utiliser pour le bien comme pour « le pire ». Pour vivre heureux, vivons cachés ? Non, quand même pas, mais la prudence reste de mise. Il faut donc savoir concilier au mieux relations réelles et relations virtuelles, pour que les quelques petits clics ne se soldent pas un jour par une grande claque.

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