Grand favori du tournoi il y a trois semaines, le Brésil est en quarts mais a souffert pour y arriver. Luiz Felipe Scolari et l'équipe ont adopté une sorte de méthode Coué, mais le Brésil peut-il vraiment prétendre à l'Hexa ?
POUR
Pays hôte
« L'Italie et la France ont organisé deux Mondiaux : ils en ont gagné un (les Bleus en 1998) et perdu un (la Nazionale en 1990). Le Brésil a perdu à domicile (en 1950), cette fois, il gagne », assure David Luiz. Le Brésil a l'avantage du pays hôte (camp de base permanent, connaissance des stades, habitude du climat), mais il a surtout le soutien des supporteurs. Le Brésil peut compter sur sa « torcida », partout où il joue. Pendant la prolongation, les supporteurs ont chanté « J'y crois, j'y crois ».
Un crack
Les champions du monde ont souvent un joueur décisif : Zidane, Maradona, Ronaldo... Avec Neymar, le Brésil a un joueur capable de faire la différence à tout moment et de prendre le jeu à son compte. À 22 ans, il a prouvé qu'il résistait bien à la pression avec des matches réussis (4 buts), mais aussi un mental fort. Et en plus, il défend et participe aux couvertures !
Un entraîneur aux idées fortes
On aime ou on n'aime pas Scolari, mais l'entraîneur sait comment on mène une équipe au titre mondial (2002). L'effectif adhère à son idée, et il a su créer un groupe solidaire où ego, remplaçants et jalousies ne perturbent pas la vie de la fameuse « Famille Scolari ». Le coach ne se laisse influencer par personne. On l'a notamment critiqué pour la sélection du gardien, Julio Cesar a été royal contre le Chili... Autre exemple : Luiz Gustavo. Il a été évincé du Bayern mais est un des meilleurs Brésiliens. À se demander ce qui est passé par la tête de Guardiola... (Attention, Luiz Gustavo est suspendu contre la Colombie).
Une charnière forte
Thiago Silva-David Luiz. Pour beaucoup, on ne peut pas faire mieux. Leur entente est parfaite et ils sont tous deux des bons relanceurs. L'axe central n'a pas pris de pris but, et offensivement contre le Chili le buteur est... David Luiz sur une passe de... Thiago Silva. Il en faut plus pour être champion du monde, mais c'est une bonne base.
Un banc fourni
À l'exception de la position d'avant-centre (voir plus bas), tous les postes sont doublés par des joueurs évoluant en Europe et habitués aux grands matches. Maicon, Dante, Fernandinho, Willian, Ramires, Maxwell...
CONTRE
Bilan faible
Une victoire (4-1) contre le Cameroun, une autre controversée (3-1) contre la Croatie. Pour le reste, deux nuls contre le Mexique (0-0) et le Chili (1-1) qui, sans leur faire injure, ne sont pas des grandes puissances du football... Il n'y a pas de quoi sabler le champagne. Au niveau buts, la récolte est aussi maigre. La route d'un champion du monde ? À la décharge du Brésil, la France-98 avait eu un parcours peu convaincant.
Avant-centre et animation offensive
Fred et Jo, ce sont les deux options. Si l'Europe n'est pas forcément le critère ultime, on peut quand même s'étonner que les deux attaquants n'aient convaincu aucun club du Vieux Continent ! Les deux joueurs ont eu leur chance et aucun n'a convaincu. Ils ont tous les deux un bagage technique faible qui limite leur participation au jeu de création et on ne leur donne pas assez de ballons pour finaliser. Entre leurs défauts propres et l'animation offensive déficiente, il y a un énorme problème. Le plus gros de l'équipe. « Le football de la sélection avec Felipao c'est haricots et riz (arroz et feijao, plat national), très simple », estime un journaliste sportif brésilien. Le Brésil produit peu de jeu.
Latéraux
Trois buts encaissés, trois buts venant des flancs. C'est là qu'il faut appuyer pour faire mal au Brésil. Marcelo et Dani Alves, jadis des atouts, laissent souvent des boulevards derrière. Mais ils commettent aussi de grosses erreurs de défense. Marcelo, qui ne s'est pas compris avec Hulk, a offert le but aux Chiliens. « Il y a des choses que je ne comprends pas à ce niveau », a souligné Scolari, en colère.
Paralysie
Contre le Chili, les Brésiliens ont paru tétanisés par l'enjeu une fois les Chiliens revenus au score, n'osant aucune passe vers l'avant et ne créant pas ou peu d'occasions. Les Chiliens ont alors pris le jeu en main et il s'en est fallu de peu qu'ils éliminent le pays-hôte. Cette apathie ne pardonnera pas contre une grande équipe. Scolari avoue que cela « le préoccupe un peu ». Un euphémisme ?
©AFP
POUR
Pays hôte« L'Italie et la France ont organisé deux Mondiaux : ils en ont gagné un (les Bleus en 1998) et perdu un (la Nazionale en 1990). Le Brésil a perdu à domicile (en 1950), cette fois, il gagne », assure David Luiz. Le Brésil a l'avantage du pays hôte (camp de base permanent, connaissance des stades, habitude du climat), mais il a surtout le soutien des supporteurs. Le Brésil peut compter sur sa « torcida », partout où il joue. Pendant la prolongation, les supporteurs ont chanté « J'y crois, j'y crois ».
Un crackLes champions du monde ont souvent un joueur décisif :...


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