Irrésistible depuis le début du Mondial, la France a un dernier petit effort à fournir aujourd'hui (23h00 à Beyrouth) dans le mythique Maracana de Rio de Janeiro contre l'Équateur, afin de valider son billet pour les 8es de finale et décrocher la 1re place du groupe E. Un résultat nul ou une victoire contre l'Équateur devrait lui permettre de se prémunir d'un éventuel duel face à l'Argentine de Messi. Avec 2 succès en 2 rencontres, 8 buts inscrits et seulement deux encaissés, les Bleus n'ont théoriquement pas grand-chose à craindre et il faudrait une catastrophe monumentale pour qu'ils échouent aux portes du top 16.
Didier Deschamps ne fait qu'exhorter ses joueurs à « ne pas s'enflammer » alors que leurs prestations en ont fait des terreurs du tournoi, voire des favoris en puissance. Mais le danger mathématique est tellement minime qu'ils peuvent aborder tranquillement cet ultime rendez-vous du 1er tour avant de basculer dans l'inconnue des matches à élimination directe. L'objectif est surtout de maintenir l'élan des premiers jours et de se montrer digne du légendaire Maracana, la perspective de le retrouver le 13 juillet pour la finale étant un rêve que personne n'ose encore envisager à voix haute malgré les louanges qui s'abattent de tous côtés sur cette équipe.
Dans cette enceinte chargée d'histoire, où il y a 37 ans la bande à Platini avait signé son acte fondateur en tenant tête à la Seleçao brésilienne (2-2) de Rivelino, la France doit se montrer à la hauteur de l'événement et de son nouveau statut.

Affronter l'épouvantail ?
Pour sa part, l'Argentine, assurée de jouer les huitièmes de finale, doit enfin séduire aujourd'hui à Porto Alegre (19h00 à Beyrouth) contre le Nigeria, qui vise également la 1re place du groupe F. L'ombre de la France, l'un des épouvantails du premier tour, planera sur ce duel : le perdant risque de devoir affronter en huitièmes de finale les Bleus, probables vainqueurs du groupe E.
Un match nul au stade Beira-Rio enverrait les deux équipes au second tour dans leur ordre actuel, l'Argentine à la première place et le Nigeria à la deuxième, c'est-à-dire face aux Français, ce qui donne une bonne raison aux champions d'Afrique 2013 de tenter de l'emporter. Mais pas à tout prix non plus : la défaite est interdite pour le Nigeria (4 points), qui reste sous la menace de l'Iran (1 point) si ce dernier bat au même moment la Bosnie déjà éliminée. De même, un revers est déconseillé pour une Argentine aussi ambitieuse que tâtonnante : l'Albiceleste, malgré deux victoires, cherche encore la bonne carburation et s'en est remise au talent de son turbo Lionel Messi (2 buts) pour franchir l'obstacle bosnien (2-1) puis iranien (1-0).
« Nous ne montrons pas ce dont nous sommes capables, a reconnu le quadruple Ballon d'or argentin après la victoire contre l'Iran. Mais je crois que nous allons y parvenir au fil des matches. » Signe de ces doutes, l'Argentine n'a pas été convaincante lors de ses deux premières rencontres alors que deux schémas de jeu différents étaient en place au coup d'envoi.
Suisse-Honduras : éviter le scénario de 2010
La Suisse, rossée par la France (5-2), doit maintenant éviter que se reproduise le scénario de 2010 contre ce Honduras qui l'avait justement éliminée en Afrique du Sud, aujourd'hui à Manaus (23h00 à Beyrouth) en clôture du groupe E. Jusque-là, l'aventure des joueurs d'Ottmar Hitzfeld a en effet un petit air de déjà-vu : une victoire en entame, l'Espagne il y a quatre ans, l'Équateur cette année, puis une défaite qui oblige à se retrousser les manches au dernier match. En 2010, le Honduras avait accroché 0-0 la Suisse et cela avait suffit à éliminer l'actuel n° 6 mondial au classement FIFA.
Pourtant, ce 2e match entre les deux nations ne se présente pas idéalement pour les Européens, étrillés par la France. De quoi mettre sous pression leur sélectionneur avant son 60e match. Si les joues sont encore rouges, les têtes seront-elles remises pour ce duel à quitte ou double ? Actuel 3e de la poule, la Suisse peut s'en sortir cette fois avec une défaite, mais elle peut aussi être éliminée avec une victoire puisque l'Équateur la devance actuellement à la différence de but (0 contre -2).
Et alors que le Honduras reste sur quatre matches sans but marqué contre des adversaires issus de l'UEFA, heureusement que Costly a inscrit contre l'Équateur le premier but de son pays au Mondial... depuis 1982 ! Ce qui n'a pas empêché la défaite (2-1) ni d'aggraver la différence de buts (-4). « Il faut prendre des risques car on doit gagner, a donc appelé le meneur Palacios, de retour de suspension. Mais la Suisse ne veut pas perdre non plus, donc ce sera très compliqué. »
L'Iran pour l'espoir, la Bosnie pour l'honneur
Aujourd'hui également, à 19h00 à Beyrouth, l'Iran part à la chasse aux buts face à la Bosnie, déjà éliminée et qui veut soigner sa sortie, à Salvador, avec l'espoir d'une qualification historique pour les huitièmes. La sélection de Carlos Queiroz, troisième du groupe F à trois points du Nigeria, devra enfin débloquer son compteur but dans une Arena Fonte Nova faite sur mesure (17 buts en 3 matches), après un nul face aux champions d'Afrique (0-0) et une défaite tardive face à l'Argentine de Messi (0-1).
Si l'Albiceleste, déjà qualifiée, domine le Nigeria dans le même temps à Porto Alegre, la différence de buts départagera les deux derniers candidats aux huitièmes. L'Iran, qui n'a jamais franchi le premier tour dans ses trois participations précédentes (1978, 1998 et 2006), espère être du voyage lundi à Brasilia pour défier le leader du groupe E. Après des défaites face à l'Argentine (2-1) et devant le Nigeria (1-0), la Bosnie veut pour sa part boucler sa première Coupe du monde par une victoire. Pour cela, les hommes de Safet Susic devront transformer l'amertume du dernier revers, injustifié à leurs yeux, en force positive.
Le programme d'aujourd'hui
Groupe F :
Argentine-Nigeria (19h00)
Iran-Bosnie (19h00).
Groupe E :
France-Équateur (23h00)
Suisse-Honduras (23h00).

