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Culture - Festival Al-Bustan

Alexandra Soumm au sommet de son art de violoniste

Alexandra Soumm, une violoniste à l'archet à faire vibrer la nature, à qui ce concert rend hommage, en harmonie avec l'Orchestre symphonique de Tbilissi dirigé par Gianluca Marciano. À travers des partitions de Mendelsson, Beethoven et Tchaïkovsky. Lyrisme, contemplation et passion étaient au rendez-vous.

L’hommage à la nature d’Alexandra Soumm accompagnée par l’Orchestre symphonique de Tbilissi. Photo Roland Ragi

Courte introduction avec l'ouverture des Hébrides de Mendelssohn donnée par l'Orchestre symphonique opératique de Tbilissi, placé sous la houlette de maestro Gianluca Marciano. Plus vision et impression romantiques qu'une musique descriptive des paysages de l'Écosse lors d'un voyage du compositeur du Songe d'une nuit d'été aux grottes de Fingal dans une île solitaire, battue par le vent et les embruns. Accents mélancoliques pour un paysage aux contours sauvages et ténébreux.
Port de petite sultane, minois charmant, sanglée dans une robe longue noire moulante pailletée d'argent, Alexandra Soumm, attendant que les premières mesures orchestrales qui se prolongent se terminent, a d'emblée conquis l'auditoire. Le violon niché au creux du cou, le geste adroit, le public n'était plus qu'ouïe pour les trémolos et les vibratos de cet instrument de l'errance, de la joie et des larmes.
Calme, sérénité et lumière avec un opus de Beethoven, le Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op 61. Au gré des remous du cœur, en un dialogue laissant quand même la place à de belles envolées de soliste, entre archet et orchestre, entre rêverie et feu de la passion, le maître de Bonn, en une subtile narration au souffle long, fait déployer les mouvements (allegro ma non troppo, larghetto, rondo-allegro) en une grande fleur charnue, radieuse et frémissante de vie.
Sans virtuosité tapageuse, en notes lumineuses, chromatismes maîtrisés, célérité sans précipitation et rythmes ciselés de main d'orfèvre, la musique a ici des orages éruptifs et des embellies d'une impalpable douceur.
Une œuvre à savourer dans sa quintessence de beauté et qui a eu pour illustres défenseurs et interprètes Yehudi Menuhin et David Oistrakh. Et qu'on retrouve ici dans une version d'une vibrante sensibilité, d'une netteté de son supérieure et d'une qualité de phrasés et de toucher au-dessus de tout éloge. Avec une Alexandra Soumm au sommet de son art de violoniste.
Une trombe d'applaudissements, sourire, révérence et gerbe de fleurs. Sans oublier deux bis échappés à des extraits d'œuvres d'Ysaye et de Bach. «Pour la liberté et les gens qui se battent pour des lendemains meilleurs en Ukraine», a lancé la musicienne en un français savoureusement chantant.
Pour terminer, après l'entracte, une des plus belles œuvres de Tchaïkovsky, qui eut un succès non négligeable dès sa première représentation. C'est la Symphonie n-1 en sol mineur op 13, appelée Rêves d'hiver, où le compositeur du Lac des cygnes a, en termes de musique, des réminiscences hivernales de son voyage de Saint-Pétersbourg à Moscou.
Quatre mouvements (allegro tranquillo, adagio cantabile, scherzo. Allegro scherzando giocoso, finale. Andante lugubre-allegro maestoso) pour ce voyage en temps glacial et brumeux. Mais aussi attestant de l'état de fébrilité, d'anxiété et de crainte de l'avenir du musicien le plus cosmopolite de la Russie qui affrontait une vie nouvelle dans la capitale des tsars.
Œuvre riche et aux nuances contrastées avec houle des cordes, rutilance des cuivres, alarme des cymbales et solitude des instruments à vent. Entre cadences scintillantes comme de la neige aux pics glacés et ligne mélodique aux tonalités parfois délicates enrobant des paysages perdus ou de désolation, la musique de l'enfant de Votkinsk entraîne l'auditeur vers des zones délicieusement réchauffées par des pèlerines fourrées ou des pelisses capitonnées tandis que le froid tente ses impitoyables morsures...
Une ovation à tout rompre d'une salle à moitié pleine et bouteille de vin au maestro pour ces rêves d'hiver dans un pays qui est privé d'hiver. Une saison où les cimes des montagnes se couvrent de blanc et où la pluie lave la poisse de la poussière et des humeurs grincheuses. Mais notre hiver cette année, comme pris dans la gaine d'un innommable ras-le-bol, a les yeux et le cœur secs.

Courte introduction avec l'ouverture des Hébrides de Mendelssohn donnée par l'Orchestre symphonique opératique de Tbilissi, placé sous la houlette de maestro Gianluca Marciano. Plus vision et impression romantiques qu'une musique descriptive des paysages de l'Écosse lors d'un voyage du compositeur du Songe d'une nuit d'été aux grottes de Fingal dans une île solitaire, battue par le vent et les embruns. Accents mélancoliques pour un paysage aux contours sauvages et ténébreux.Port de petite sultane, minois charmant, sanglée dans une robe longue noire moulante pailletée d'argent, Alexandra Soumm, attendant que les premières mesures orchestrales qui se prolongent se terminent, a d'emblée conquis l'auditoire. Le violon niché au creux du cou, le geste adroit, le public n'était plus qu'ouïe pour les trémolos et les vibratos...
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