Du matin au soir, la file d'attente s'étire sur près d'un kilomètre, à deux pas du Kremlin: depuis son ouverture, le 4 novembre, l'exposition «La Russie orthodoxe. Les Romanov», organisée pour les 400 ans de cette dynastie à l'initiative de l'archimandrite Tikhon – réputé proche du président Vladimir Poutine – attire jusqu'à 17000 visiteurs par jour.
Familles avec enfants en bas âge, femmes enceintes, retraités, ou encore groupes scolaires n'hésitent pas à attendre plusieurs heures dans le froid ou encore sous la pluie pour accéder à l'immense salle du Manège, à deux pas du Kremlin.
Un succès tel que la fermeture quotidienne a été repoussée à minuit et que M. Poutine a, à deux reprises, ordonné par décret la prolongation de l'exposition, qui ne devait se tenir initialement qu'une semaine. Elle doit désormais se clôturer aujourd'hui mardi 26 novembre pour ensuite être montrée dans d'autres villes du pays.
La présence à l'entrée de l'icône Feodorovskaïa de la Vierge Marie, protectrice des Romanov et réputée miraculeuse, y est sans doute pour beaucoup : une fois entrés dans l'espace d'exposition, les visiteurs se pressent devant cette icône très rarement montrée au public, pour se prosterner et l'embrasser.
Le visiteur est ensuite invité à redécouvrir l'histoire de la Russie sous le règne des Romanov, chassés du pouvoir en 1917 par les bolcheviks et dont la réputation a été ternie à l'époque soviétique.
Presqu'entièrement dénuée d'objets d'époque, l'exposition, gratuite, retrace, à travers de gigantesques panneaux explicatifs, des écrans tactiles, de petits films documentaires ou encore des reconstitutions en 3D de batailles, l'évolution du pays du XVIIe siècle au XXe siècle, qui verra la chute de la dynastie.
On y voit que la population et la superficie du pays ne cessent de croître sous le règne des Romanov, et que la Russie, au début du XXe siècle, est une puissance mondiale.
Le pouvoir en quête de légitimité
«Nous voulions montrer l'histoire de la Russie non en noir et blanc comme on a l'usage de le faire ici, mais en couleurs. L'idée était de rétablir les faits, sans commentaires», affirme Alexandre Miasnikov, un ancien journaliste, qui a participé à l'élaboration de l'exposition.
Pourtant, l'interprétation de certains épisodes historiques, ainsi que certaines citations affichées le long du parcours font l'apologie de la stabilité et d'un pouvoir fort en Russie et dénigrent toute forme d'opposition.
Un message qui fait écho à la situation de la Russie de Vladimir Poutine, à dessein selon l'historien Vitali Dymarski qui estime que le pouvoir actuel met en exergue ce type de références historiques pour asseoir sa légitimité.
À la fin du parcours, une citation de M. Poutine donne définitivement le ton: «Trop souvent dans l'histoire nationale, l'opposition au pouvoir est en réalité une opposition à la Russie elle-même. Et nous savons comment cela s'est terminé : la destruction de l'État en tant que tel.»


Je salut la mémoire des Romanov...pauvre satisfaction depuis 1917... leurs assassins et leurs descendants ont finalement implosé grâce...à la lucidité et au courage ...d'un certain Mickael Gorbatchev...
17 h 41, le 26 novembre 2013