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Culture - Exposition

Mona el-Bayoumi, archéologue picturale de la belle Égypte

« Pour bâtir haut, il faut creuser profond », dit un proverbe mongol. En fouillant bien les tumultes et les tourments de son Égypte natale, l’artiste Mona el-Bayoumi a dégagé la transcendance.

Creuser son présent et son passé.

Les résultats de ses recherches, groupés sous le titre « Creuser : réflexions sur l’Égypte », sont accrochés à la galerie Syra, à Washington. Un diptyque montre, au pied d’habitations serrées les unes contre les autres, une foule dense qui vire graduellement au rouge. Son titre, Échauffement, est annonciateur de fortes tensions. Rouges sont aussi les traits d’un visage féminin inquiet. Les sables offrent des Visions troubles, les Paysages zigzaguent, les Fleurs de lotus se fanent et se penchent, et le ciel prend une couleur moutarde. L’artiste s’explique : « Creuser est mon cri pour ce qui se passe actuellement en Égypte. En tant qu’Égyptienne vivant aux États-Unis, les diverses icônes de mon pays surgissent continuellement dans mon travail. On dit que l’Égypte est “la mère du monde” et beaucoup s’y sentent attachés à cause de notre passé. Aujourd’hui, elle est une scène ouverte à tous ceux qui attendent la “finale” qui n’arriverait qu’après plusieurs actes. En suivant ce qui se passait dans mon pays durant les derniers mois, j’ai été projetée dans différentes directions, en tant que spectatrice et artiste. Et je me suis retrouvée en train de manier toute une variété de couleurs qui reflètent la colère, mais aussi l’espoir et l’optimisme. Je passais continuellement d’une tonalité à l’autre, au gré des retournements des situations et des émotions. »

Extraire l’existence du meilleur
Mais l’optimisme revenait continuellement sous ses pinceaux, car elle arrivait à extraire l’existence du meilleur. Ainsi, un portrait traité dans un vert clair serein fait pendant à celui d’une femme, Rouge d’inquiétude. Ailleurs, la Fleur de lotus se redresse et reprend sa couleur bleu d’Égypte et le ciel moutarde vire à une gamme de Rose et de Pourpre. L’apothéose de la série est une toile de grand format aux couleurs lumineuses, baptisée Creuser. Elle représente une femme longiligne courbée, en train de fouiller son présent et son passé, ses cheveux retombant en avant à la manière des coiffes pharaoniques. Vivante réminiscence d’un passé inoubliable, également revisité dans une toile intitulée Elle a besoin de régner à nouveau : ici, c’est la tête d’une antique statue égyptienne se détachant de la cohue caïrote taillée en forme de chevelure. Des compositions, l’une plus remarquable que l’autre, qu’elle a travaillées en archéologue picturale.
«Ces illustres images de l’Égypte antique restent intemporelles, dit Mona el-Bayoumi. Les actuels artistes les ont retravaillées et exposées dans les rues pour exprimer leur ressentiment sur ce qui se passe dans le pays. »
Née à Alexandrie, mais implantée depuis l’âge de cinq ans aux États-Unis où elle a donc grandi et effectué sa formation artistique, Mona el-Bayoumi n’a pas manqué de faire plusieurs voyages dans son pays natal et d’autres pays arabes. D’où l’acquisition de sa palette ensoleillée, renforcée par la vibrante chromatique américaine des années 60 et 70. Outre ses nombreuses expositions, elle a établi un pont socio-artistique entre les États-Unis et l’Égypte en 2005. Elle avait réalisé des photographies d’ouvriers de la capitale fédérale, complétées de toiles abstraites et exposées au Caire. Pour mettre en relief les similitudes de la classe laborieuse dans le monde. Dans un autre registre, elle signe Esprit ouvert, une toile où elle esquisse un cerveau humain bourré de symboles religieux ; c’est là une autre facette de son esthétique exploratrice.
Les résultats de ses recherches, groupés sous le titre « Creuser : réflexions sur l’Égypte », sont accrochés à la galerie Syra, à Washington. Un diptyque montre, au pied d’habitations serrées les unes contre les autres, une foule dense qui vire graduellement au rouge. Son titre, Échauffement, est annonciateur de fortes tensions. Rouges sont aussi les traits d’un visage féminin inquiet. Les sables offrent des Visions troubles, les Paysages zigzaguent, les Fleurs de lotus se fanent et se penchent, et le ciel prend une couleur moutarde. L’artiste s’explique : « Creuser est mon cri pour ce qui se passe actuellement en Égypte. En tant qu’Égyptienne vivant aux États-Unis, les diverses icônes de mon pays surgissent continuellement dans mon travail. On dit que l’Égypte est “la mère du monde” et beaucoup...
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