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Nouvelle déception pour l'opposition syrienne après l'offre russe

L'offre surprise de Moscou de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international a provoqué l'ire de l'opposition qui a dénoncé une "manoeuvre politique" visant à sauver le régime de frappes occidentales.

Après l'annonce de cette proposition par la Russie, alliée de Damas, le chef des rebelles syriens n'a pas caché sa frustration, s'en prenant au président Vladimir Poutine, et réclamant les frappes sans cesse repoussées.

"Nous appelons à des frappes et nous avertissons la communauté internationale que le régime dit des mensonges, et que le menteur Poutine est son professeur", a déclaré lundi à la télévision le chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ASL), Sélim Idriss.

Le pouvoir à Damas a immédiatement "accueilli favorablement" l'offre russe, qui est venue doucher les espoirs de l'opposition comme des rebelles d'une intervention militaire occidentale censée affaiblir le régime qu'ils tentent de renverser depuis plus de deux ans.

"Nous allons de déception en déception en raison du report des frappes et des changements dans la position américaine", affirme à l'AFP Samir Nachar, membre de la Coalition de l'opposition syrienne.

L'opposition s'était déjà dite déçue lorsque, le 31 août, le président américain Barack Obama avait annoncé qu'il voulait demander le feu vert du Congrès avant de lancer une éventuelle frappe contre le régime syrien.

Selon M. Nachar, l'offre russe est un "deal" conclu entre les grandes puissances "aux dépens de l'opposition syrienne".

Cette annonce "a été une véritable surprise", souligne-t-il.

"La frappe aurait dû renforcer la position de l'opposition et affaiblir le régime, jusqu'au point de produire un changement dans le rapport de forces. L'offre russe va réussir à écarter la menace de frappe à court terme", précise-t-il.

Les rebelles avaient annoncé dimanche vouloir profiter "au maximum" de toute frappe contre des positions militaires du régime, en menant dans la foulée des assauts et en ouvrant de nouveaux fronts.

Pour l'opposition, l'offre russe est une "manoeuvre politique" visant à sauver le régime, accusé d'avoir tué des centaines de civils en ayant recours à des armes chimiques le 21 août près de Damas.

"Les auteurs des crimes de guerre ne peuvent être disculpés et les crimes contre l'Humanité ne peuvent être effacés en offrant des concessions politiques ou en remettant l'instrument avec lequel ces crimes ont été commis", a dénoncé l'opposition, en appelant Washington à ne pas abandonner ses projets de frappes.

Adoptant un ton soudainement plus conciliant, le président Obama a qualifié lundi l'initiative russe de possible "percée importante". Interrogé sur la possibilité d'une "pause" dans le cheminement vers des frappes, au cas où les armes chimiques seraient sécurisées, il a répondu: "tout à fait, si cela se produit".

Alors que les élus américains doivent se prononcer dans les jours à venir sur une résolution autorisant l'administration Obama à employer la force, les atermoiements américains irritent les militants, qui dénoncent déjà depuis 2011 l'inaction de la communauté internationale face au bain de sang en Syrie.

"L'offre russe veut dire une seule chose: Bachar al-Assad va échapper au châtiment. C'est un deal: le désarmement (chimique) aux dépens du sang des martyrs", affirme à l'AFP via Skype le militant Mohamad al-Tayyeb.

Selon lui, en saluant le plan russe, le régime "gagne du temps, ce qui est son jeu favori".

"Les Américains, les Russes et tous les Occidentaux veulent que le conflit perdure jusqu'à ce que les deux belligérants soient affaiblis", poursuit le militant, exprimant le point de vue de nombreux opposants.

"Les militants sont dans un état de choc et de déception indescriptibles", assure de son côté Malek Abou Kheir, un autre militant, en expliquant: "la frappe devait permettre aux rebelles d'entrer dans Damas, pour conduire à la chute du régime".

Pour Karim Bitar, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), "les rebelles se sentent lâchés". "On leur a beaucoup promis durant deux, trois ans sans que ces promesses aient été tenues".

Doutant que la frappe se concrétise, il rappelle que, "sur le terrain, on aura un régime tout aussi déterminé à écraser la rébellion et des rebelles dépités qui risquent de se radicaliser".

"C'est probablement le statu quo et une guerre d'usure qui va se prolonger".
L'offre surprise de Moscou de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international a provoqué l'ire de l'opposition qui a dénoncé une "manoeuvre politique" visant à sauver le régime de frappes occidentales.Après l'annonce de cette proposition par la Russie, alliée de Damas, le chef des rebelles syriens n'a pas caché sa frustration, s'en prenant au président Vladimir Poutine, et réclamant les frappes sans cesse repoussées."Nous appelons à des frappes et nous avertissons la communauté internationale que le régime dit des mensonges, et que le menteur Poutine est son professeur", a déclaré lundi à la télévision le chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ASL), Sélim Idriss.Le pouvoir à Damas a immédiatement "accueilli favorablement" l'offre russe, qui est venue doucher les espoirs de l'opposition comme...