Agé de 62 ans, le journaliste, arrivé aux environs de minuit à l'aéroport Ciampino de Rome, où il a été accueilli par la ministre italienne des Affaires étrangères, Emma Bonino, est apparu fatigué, amaigri, mais en bonne santé, selon des images de la télévision italienne.
"J'ai vécu pendant cinq mois comme si j'avais été sur Mars: on ne m'a pas bien traité et j'ai eu peur", a-t-il déclaré à quelques uns de ses collègues après son atterrissage.
Un enseignant belge, Pierre Piccinin, enlevé et libéré en même temps que Quirico, a affirmé avoir subi "des violences physiques très dures" au cours de sa détention, une "odyssée terrifiante à travers toute la Syrie". Selon Piccinin, le journaliste italien aurait été victime de deux "simulacres d'exécution".
Selon La Stampa, leurs ravisseurs "appartiennent à la galaxie des insurgés, une jungle de sigles, mouvements et profiteurs de guerre, où il est difficile de se retrouver".
Le quotidien ajoute que les services italiens ont multiplié leurs efforts ces derniers jours devant les risques de frappes aériennes en Syrie, craignant "un déplacement rapide du front et de perdre les contacts avec les ravisseurs".
A ce jour selon Reporters sans frontières (RSF), treize journalistes sont portés disparus en Syrie. Le détail de cette liste n'est pas public, certaines informations étant "confidentielles", a précisé l'organisation à l'AFP.
Parmi ces journalistes figurent deux Français, Didier François, grand reporter à Europe 1, et Edouard Elias, un photographe indépendant missionné par la radio, enlevés le 6 juin dernier sur la route d'Alep. Ils seraient détenus par un groupe qui se réclame de la résistance, selon le co-président de leur comité de soutien, Serge July.
Parmi ces journalistes disparus figure également le reporter indépendant américain James Foley, enlevé dans le nord-ouest de la Syrie le 22 novembre 2012. Agé de 39 ans, ce journaliste a fourni des reportages pour le GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres médias internationaux.
La famille de M. Foley a affirmé début mai que le reporter serait détenu par des agents des services du renseignement syrien dans un centre de détention près de Damas. Dans une interview en mai, le président syrien Bachar al-Assad avait affirmé n'avoir "aucune information" à son sujet.
L'Italie est aussi sans nouvelle d'un autre ressortissant italien, enlevé depuis juillet en Syrie, le père Paolo Dall'Oglio.
"Les contacts sont pour l'instant rares et malheureusement beaucoup moins sûrs que pour M. Quirico. Mais cette heureuse nouvelle nous montre qu'il nous reste encore du travail, et qu'il nous faudra faire preuve de beaucoup de détermination, et sans doute, d'un peu de chance", a indiqué Mme Bonino.

