« Route d’Eperney » de Pissarro.
À travers les scènes rurales baignées de lumière et les paysages d’Île-de-France de la deuxième moitié du XIXe siècle, l’exposition retrace le parcours de Pissarro à Louveciennes, Pontoise et Eragny, des villages verdoyants de la région parisienne où pointaient alors à peine quelques cheminées d’usine au-dessus des champs.
Né à Santo Tomas, aux Antilles, en 1830, « Pissarro a été, comme le disait Cézanne, le premier impressionniste », explique Guillermo Solana, directeur artistique du musée et commissaire de l’exposition.
« De son vivant, il a été éclipsé par Claude Monet, qui était un peintre très brillant au succès commercial écrasant », ajoute le commissaire, soulignant que Pissarro, de dix ans son aîné, « est alors resté au second plan ».
Pourtant, remarque Guillermo Solana, Pissarro « n’est pas seulement une sorte de père des impressionnistes, mais aussi un génie novateur, un des pionniers de la peinture moderne au travers de la relation qu’il a eue avec Cézanne, Gauguin, Seurat et Signac, et même les conseils qu’il a donnés à Matisse », des peintres tous plus jeunes qui ont travaillé avec lui.
« La trace de Pissarro est présente chez chacun des grands fondateurs de la peinture moderne », souligne Guillermo Solana.
L’exposition, qui ouvre jusqu’au 15 septembre, réunit certaines des œuvres les plus connues de Pissarro.
Parmi elles, le Bois de Marly (1871), la Côte des Bœufs (1877), prêtée par la National Gallery de Londres, la Route d’Ennery près de Pontoise de 1874, prêtée par le Musée d’Orsay de Paris, ou, dans les œuvres plus tardives, la Maison de la folie à Eragny, peinte en 1885.
Après la campagne, les dernières années de la vie de Pissarro seront davantage consacrées aux scènes de ville, dans les rues de Paris et de Londres notamment, avant cet autoportrait du peintre à la longue barbe blanche et aux fines lunettes sous un chapeau, réalisé à Paris en 1903, l’année de sa mort.

