Vitrine de la boutique John Lobb à Beyrouth, sur l’avenue du front de mer.
Qui était John Lobb ?
Un jeune apprenti bottier, parti chercher fortune en Australie au milieu du XIXe siècle. Pour ses camarades chercheurs d’or, il invente une botte à talon creux qui permet de cacher et transporter les pépites en toute sécurité. Revenu à Londres, sa réputation est telle qu’il se tourne vers la confection de chaussures sur-mesure dont l’élégance et la perfection attirent la gentry.
Pourquoi Beyrouth ?
L’ouverture de la boutique John Lobb à Beyrouth a pu se faire grâce à une rencontre entre la famille Abou Adal, implantée de longue date dans le commerce du luxe au Liban, et John Lobb qui considère ce pays stratégiquement intéressant, dans la mesure où nous avons beaucoup de clients libanais dans le monde. C’était pour nous une façon élégante de venir vers eux.
Dans combien de pays la marque John Lobb est-elle présente ?
Dans dix-sept pays désormais, avec quand même 25 boutiques entre Paris et Londres, capitales historiques de la marque.
Qu’est-ce qui a changé pour la marque depuis son acquisition par Hermès ?
Hermès s’est surtout attaché à renforcer l’identité et le caractère historique de John Lobb en maintenant son ancrage territorial à Northampton, tête de pont traditionnelle de la confection de chaussures de qualité en Angleterre. Hermès a agrandi la manufacture. Le sur-mesure est confectionné en atelier à Paris, mais ce que nous appelons le « prêt-à-chausser », qui engage quand même une qualité de cuir pleine fleur, irréprochable et de nombreuses étapes à la main, est fait en Angleterre.
Quels sont vos modèles-phares ?
Pour l’homme, il y a deux écoles : celle qui préfère la chaussure anglaise traditionnelle, ronde comme le bowler hat, avec un chaussant généreux, et la clientèle plus fashion forward qui préfère les modèles plus étirés, qui épousent le pied. Le mocassin Lopez est un des plus plébiscités, avec son plateau cousu main et sa ligne intemporelle. Il a été créé la première fois après la Seconde Guerre mondiale pour un milliardaire sud-américain du nom d’Aquilero Lopez qui possédait des plantations. Il y a aussi la William, avec sa double boucle, et la Monk shoe, ou chaussure de moine à boucle unique qui sont des modèles-cultes.
Comment la marque exprime-t-elle sa modernité dans la tradition ?
Certains modèles traditionnels sont revisités de temps en temps par des designers célèbres, comme Paul Smith qui introduit discrètement de la couleur dans des chaussures classiques. Nous avons aussi une ligne réalisée en collaboration avec Aston Martin. La tradition, c’est surtout l’intransigeance sur la qualité, le fait main, le service sur-mesure.
Propos recueillis par F.A.D.


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