Photo-souvenir dans les jardins du palais Chéhab.
L’ambassade d’Espagne au Liban a tenu sa première journée portes ouvertes, à l’initiative de l’ambassadrice d’Espagne, Milagros Hernando, et le président du conseil municipal de Hadeth, précise un communiqué de la chancellerie.
L’initiative, qui se tiendra désormais deux fois par an, témoigne de l’appréciation de l’Espagne du patrimoine libanais et de son intérêt pour le faire connaître de la population libanaise, à commencer par ses propres voisins.
Un groupe composé des autorités et des habitants de la ville de Hadeth ont pu visiter le palais Chéhab et découvrir sa magie. Après avoir écouté une brève revue historique du palais, les visiteurs se sont déplacés entre ses différentes sections avant de partager un cocktail préparé pour l’occasion.
L’ambassadrice s’est félicitée du soutien du président du conseil municipal et de ses collaborateurs pour l’organisation de cette journée.
Dans ce cadre, il est intéressant de rappeler que le palais Chéhab à Hadeth est un modèle réduit du palais-forteresse des Chéhab à Hasbaya qui remonte à son tour au XIIe siècle. Son histoire est relatée dans un texte que l’ambassade nous a fourni et que nous reproduisons ci-dessous :
« Le palais a été édifié vers la fin du XVIe par les émirs Maan. La façade orientée vers l’ouest, face à la Méditerranée, offre une magnifique vue panoramique englobant les sables (à l’origine rouges) de Khaldé, la mer et la ville de Beyrouth, ainsi que les montagnes qui longent la côte. À l’arrière, le panorama était dominé par une montagne au sommet de laquelle s’élevait un monastère.
Depuis sa construction initiale, le palais a subi, au cours des siècles, plusieurs restaurations. La première répertoriée avait été effectuée par l’émir Melhem Chéhab en 1698. Il avait habité le palais de 1732 à 1754, alors qu’il était l’émir du Liban. Le palais avait été ensuite habité par l’émir Sayed Ahmad, également émir du Liban de 1775 à 1786.
Le siège du pouvoir a ensuite déménagé à Beiteddine avec l’émir Bachir II.
Pendant ce temps, l’émir Farès Chéhab a fait restaurer le palais encore une fois en 1797. La plaque en marbre au-dessus du portail d’entrée commémore cette restauration. Hadeth est ainsi redevenu brièvement le centre du pouvoir avec le règne très court de l’émir Bachir III, de 1830 à 1832, fils de l’émir Sayed Ahmad. Le pouvoir ottoman mit fin à l’émirat à cette époque.
Durant la guerre civile de 1860, le palais avait été sérieusement endommagé et sa bibliothèque, célèbre pour ses livres rares et pour ses manuscrits anciens, avait été entièrement brûlée. Il existe en Angleterre des documents, au Public Records Office à Kew, Richmond, qui relatent l’incendie, les combats ayant pris place autour du palais et la mort d’un des émirs habitant le palais et qui avait refusé de quitter les lieux.
En 1950, l’émir Farid Chéhab, nouvellement marié à Mlle Yolande Nakad, a racheté la part de ses cousins et restauré le palais sous la supervision de l’architecte Pierre-Henri Coupel. En 1958, à la suite de la guerre civile, l’émir Farid Chéhab, alors directeur de la Sûreté générale et vice-président d’Interpol, a quitté le Liban avec sa famille. Il sera nommé ambassadeur à l’étranger pour une durée de 12 ans.
Pour protéger ce patrimoine historique, il a proposé à son ami, le marquis Merry Del Val, ambassadeur d’Espagne au Liban, de l’utiliser comme résidence. En 1959, le marquis et la marquise Merry Del Val y ont célébré pour la première fois la fête nationale espagnole et donné une réception dans ce site historique. Le palais Chéhab a été acquis par le gouvernement espagnol en 1964 et figure parmi les fleurons des résidences diplomatiques dans le monde.
Par la suite, juste avant la guerre, l’ambassadeur Flores Estrada a transformé une des pièces du rez-de-chaussé en salle de musique. Celle-ci a été ensuite redécorée avec des éléments rappelant l’époque de l’émir Farid Chéhab.
La guerre de 1975 n’a pas non plus épargné le palais. L’ambassadeur Don Pedro di Aristegui en était l’hôte lors des événements opposant l’armée libanaise aux forces syriennes en 1989. Un après-midi, alors qu’il recevait au palais son beau-père, l’ambassadeur à la retraite et écrivain libanais, Toufic Aouad, en compagnie de sa belle-sœur, Samia Toutounji, poète, la bâtisse a été prise pour cible par l’armée syrienne. Un obus de mortier 240 mm est tombé dans la cour intérieure, le second dans la cour extérieure et le troisième dans le petit salon où l’ambassadeur et ses invités s’étaient réfugiés, tuant Don Pedro, Toufic Aouad et Samia Toutounji. Du fait de la restauration consécutive au bombardement, certains éléments du palais ont été modifiés, telle la balustrade sur la façade extérieure qui a été murée et les dépendances qui ont été détachées du corps principal.
Un consulat a été bâti dans la cour intérieure sur l’emplacement d’une grande fontaine circulaire. »


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