"Depuis onze jours que l'armée bombarde en continu, la situation humanitaire déjà critique dans les quartiers rebelles de Homs s'est sérieusement détériorée", a déclaré à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
"Des rebelles et des civils blessés ces derniers jours meurent parce qu'il n'y a pas de matériel médical pour les soigner", a-t-il ajouté, sans pouvoir donner de bilan.
Depuis plus d'un an, le quartier de Khaldyié et la Vieille ville de Homs sont assiégés par l'armée.
Dans son assaut lancé le 29 juin pour reconquérir ces quartiers rebelles dans le coeur de la ville, qui avait été baptisée par les militants "la capitale de la révolution" contre le président Bachar al-Assad, l'armée a récemment reçu le renfort du mouvement libanais chiite Hezbollah.
Khaldyié et la Vieille ville sont depuis continuellement bombardés et visés par des tirs de roquettes ainsi que par des raids aériens.
"Le peu de matériel médical que les rebelles réussissaient à faire entrer dans ces quartiers passait par des tunnels. Ils ont été détruits par les bombardements. Ce qui se passe à Homs est une violation totale du droit international humanitaire", a affirmé M. Abdel Rahmane.
Les militants sur le terrain ont confirmé la pénurie de matériel médical.
"Les médecins des quartiers assiégés souffrent d'une grave pénurie, parce que la plupart du matériel (...) a été utilisée après les gros bombardements. Le nombre de blessés quotidien est beaucoup plus important qu'avant l'assaut", a raconté l'un d'eux, Yazan.
"Cette campagne contre Homs est la plus violente" depuis le début du siège, a-t-il dit à l'AFP via internet.
Alors que les troupes bombardaient les quartiers rebelles, des combats les ont opposées tôt mardi aux insurgés, a rapporté l'OSDH.
Au début de la révolte anti-Assad, Homs a été le théâtre de grandes manifestations appelant à un changement de régime. Maintenant, les rebelles sont confinés dans des petites parties du centre de la ville, couvrant une surface d'à peine 2km³, selon l'expert Fabrice Balanche.
L'ONU a estimé que plus de 2.500 civils étaient bloqués dans les quartiers assiégés de la ville.
Plus de 100 000 personnes ont té tuées dans le conflit syrien qui dure depuis 27 mois. La majorité d'entre eux sont des civils, d'après l'OSDH.

