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Culture - Théâtre

La carte du tendre sur fond de conflit israélo-arabe

Les intermittences du cœur dans la houle du conflit israélo-arabe. Tels sont ces « Papiers de l’amour » présentés sur les planches du Monnot.

Une fois élucidés les coins d’ombre de chacun, c’est en toute transparence qu’un homme et une femme communient dans leur foi de l’amour. Photo Esther Fayant

Des amants de Vérone, version moderne et beaucoup moins jeune, dans le brasier du Moyen-Orient où une juive aime un Palestinien...
Sur une scène totalement nue, avec deux panneaux noirs, deux êtres sont confrontés à l’amour. Un amour foudroyant, dissolvant et inévitable. Sur les rives du lac Léman, à Genève, se croisent, lors d’un meeting, Sarah la Suissesse juive et le Palestinien Rachid, errant de pays en pays.
Elle est avocate, il est ingénieur. Leurs destins n’étaient pas supposés se lier. Et pourtant... C’était sans compter les flèches acérées de Cupidon !
Voilà que les premiers éblouissements du corps, du plaisir, d’une rencontre inattendue les révèlent à eux-mêmes. Au meilleur et au pire d’eux-mêmes. Car la société est si cruelle et ses lois si aveugles. Tout est fouillé au radar et au scanner des pays et des gens qui ne veulent pas
d’histoires...
Pays de neutralité et de tolérance, la Suisse se garde bien d’autoriser, en toute légalité, un couple aussi dissemblable et improbable. D’une famille de juifs déportés dont les parents vivent à Haïfa à ce jeune Palestinien chassé de sa terre et emprisonné pour ne pas porter des papiers d’identité, l’imbroglio grandit en ampleur, le passé est dans le détail. Entre les amants s’installent la crainte, le doute, la méfiance, la défiance ...
Mais une fois élucidés les coins d’ombre de chacun, une fois révélés les parcours de chacun, c’est en toute transparence qu’un homme et une femme communient dans leur foi de l’amour. Fort, vrai, inébranlable, sans caste ni communauté, sans frontières ni interdit.
Les Papiers de l’amour de Sleimane Benaïssa, spectacle présenté par la Compagnie Apsara de Genève avec trois comédiens (Silvia Barreiros, Patrick Brunet et Roberto Molo) au talent et jeu convaincants et sobres, jette la lumière sur l’éternelle fascination de l’amour qui brave, balaye et transgresse difficulté et interdit.
Dans une mise en scène (Miguel V. Fernandez) servant habilement et sans sophistication un texte intelligent, truffé d’humour et de formules heureuses, l’amour, ses sortilèges, ses imprévus et ses chemins de traverse, dans une élocution maîtrisée, sert de bon prétexte à un pertinent topo sur le conflit israélo-arabe. Un conflit objet de tant de discordes, de guerres, d’attentats, de violence et de luttes fratricides.
En somme, voilà un excellent message d’harmonie et de paix avec des intermèdes musicaux adroitement sélectionnés par Luis Aballe et Ondina Duany.
Maigre public pour cette première ovationnée par des spectateurs sensibles à un sujet qui s’éternise se trouvant, depuis plus de soixante ans, au cœur de son quotidien et de ses préoccupations....
Des amants de Vérone, version moderne et beaucoup moins jeune, dans le brasier du Moyen-Orient où une juive aime un Palestinien...Sur une scène totalement nue, avec deux panneaux noirs, deux êtres sont confrontés à l’amour. Un amour foudroyant, dissolvant et inévitable. Sur les rives du lac Léman, à Genève, se croisent, lors d’un meeting, Sarah la Suissesse juive et le Palestinien Rachid, errant de pays en pays.Elle est avocate, il est ingénieur. Leurs destins n’étaient pas supposés se lier. Et pourtant... C’était sans compter les flèches acérées de Cupidon ! Voilà que les premiers éblouissements du corps, du plaisir, d’une rencontre inattendue les révèlent à eux-mêmes. Au meilleur et au pire d’eux-mêmes. Car la société est si cruelle et ses lois si aveugles. Tout est fouillé au radar et au scanner...
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