"La France condamne fermement les bombardements qui ont eu lieu hier, sur la localité libanaise de Ersal, qui constituent une violation de l'intégrité et de la souveraineté libanaise", a déclaré Philippe Lalliot, porte-parole du Quai d'Orsay.
"Toutes les provocations et les atteintes à la paix civile au Liban, quels qu'en soient leurs auteurs, sont inacceptables", a-t-il ajouté.
Selon l'armée libanaise, un hélicoptère militaire venant de Syrie a violé l'espace aérien libanais dans la région de Ersal et a lancé deux bombes en direction de la place de cette localité, blessant un civil et provoquant des dégâts matériels.
Les Etats-Unis ont également condamné cette attaque.
Aarsal est une localité sunnite appuyant la rébellion syrienne et servant de point de passage entre les deux pays pour les réfugiés, les armes et les rebelles, selon des sources de sécurité libanaises.
Le président libanais Michel Sleiman a dénoncé une "violation de la souveraineté" de son pays qui se réserve le droit de "prendre des mesures pour se défendre" et l'armée libanaise a menacé de riposter.
La France "salue le rôle des forces armées libanaises qui poursuivent courageusement leur mission sur le terrain" et "tient à réaffirmer son plein appui aux institutions libanaises et à leur garant, le président Sleiman. Nous réitérons notre soutien à la politique de dissociation et aux engagements souscrits, à l'initiative du président Sleiman, dans la déclaration de Baabda", a ajouté Philippe Lalliot.
Dans cette déclaration de juin 2012, les parties libanaises, le Hezbollah chiite qui domine le gouvernement et l'opposition de Saad Hariri, s'étaient engagées à préserver "la neutralité du Liban par rapport aux conflits régionaux et internationaux" et donc à se tenir à l'écart du conflit syrien.
Paris reproche au Hezbollah, dont des combattants interviennent ouvertement en Syrie au côté de l'armée syrienne, "d'avoir rompu le consensus de Baabda", selon une source diplomatique.

