Avec « La Montagne », Jean Ferrat, un « vert » avant l’heure
En ce mardi 16 mars de l’an 2010, plus de cinq mille personnes accompagnent le cercueil du chanteur Jean Ferrat vers sa dernière demeure. Moment émouvant, les villageois, amis ou anonymes entonneront d’une seule voix « La Montagne ».
«Ils quittent un à un le pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés. Depuis longtemps ils en rêvaient de la ville et de ses secrets...» Écrites en 1964, les paroles de cette chanson signée Jean Ferrat dénotaient avec les airs à la mode des sixties. Ce refrain allait-il avoir un lendemain alors que la France de l’époque n’avait d’yeux que pour les déhanchements de Johnny Hallyday, la frange blonde platine de Sylvie Vartan, les jupes courtes de Sheila, l’humour de Dutronc ou encore les airs énamourés de France Gall.
Malgré la déferlante yéyé Tous ces «copains» qui avaient des airs de yéyé faisaient la une des journaux. Et pourtant La Montagne, au rythme non endiablé, allait se frayer son petit chemin pour devenir un hymne inoubliable. Hymne à la vie simple, au terroir et à l’amour de la terre. Comme une complainte des villageois. «Il faut savoir ce que l’on aime, rentrer dans son HLM, manger du poulet aux hormones.» Plus qu’un choix, Ferrat propose une vision d’avenir et lance un SOS. Attention danger! De grands risques guettent la terre, l’alimentation industrielle, les produits transgéniques et, par la suite, une certaine qualité de vie. Installé dans ce village ardéchois d’Antraigues-sur-Volane, le chanteur engagé dénonçait dans cette chanson l’exode rurale et rappelait à la France ses racines et ses coutumes ancestrales. Écolo avant le temps? Vert avant les verts? Jean Ferrat, sans tambours ni trompettes, distille en musique son message. Sans jamais revendiquer une quelconque étiquette, il était simplement un homme amoureux de la vie, proche du peuple, de cette France qu’on appela un jour «profonde». Cette chanson âgée aujourd’hui de cinquante ans a été écrite dans un restaurant éponyme nommé «La Montagne». C’est pourquoi, en hommage à leur chantre, les villageois ont voulu déposer le cercueil avant les obsèques juste devant le restaurant. Un geste symbolique mais tellement significatif, en respect pour ce poète dont le souffle habite à jamais «La Montagne». Toutes les montagnes de la terre que l’homme déserte peu à peu.
«Ils quittent un à un le pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés. Depuis longtemps ils en rêvaient de la ville et de ses secrets...» Écrites en 1964, les paroles de cette chanson signée Jean Ferrat dénotaient avec les airs à la mode des sixties. Ce refrain allait-il avoir un lendemain alors que la France de l’époque n’avait d’yeux que pour les déhanchements de Johnny Hallyday, la frange blonde platine de Sylvie Vartan, les jupes courtes de Sheila, l’humour de Dutronc ou encore les airs énamourés de France Gall.Malgré la déferlante yéyéTous ces «copains» qui avaient des airs de yéyé faisaient la une des journaux. Et pourtant La Montagne, au rythme non endiablé, allait se frayer son petit chemin pour devenir un hymne inoubliable. Hymne à la vie simple, au terroir et à...
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