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Culture - Exposition

Paysages hypnotiques, territoires de l’âme...

C’est dans un espace remodelé, rehaussé d’une scénographie spécifique, que la galerie Agial* accueille « La Conférence des oiseaux » de Mireille Kassar. Deux séries d’œuvres sur papier explorant la notion de paysage. Dans sa dimension occulte plutôt qu’en thème pictural.

Un coin de l’exposition à la scénographie particulière. Photo Michel Sayegh

«L’être, comme un serpent, se renouvelle.» En lettres calligraphiques noires directement appliquées sur le mur blanc de la galerie, cette pensée ésotérique, formulée en arabe, ponctue une série de petits paysages vaporeux, de prime abord abstraits mais révélant au regard qui s’y attarde des panoramas intérieurs, des territoires de l’âme, des sortes d’invocations picturales incantatoires...
Un peu plus loin, dans un espace entièrement repeint en noir, une autre série, présentée sous vitrines à l’horizontale, fait référence à des pics, des horizons, des vallées, des rivières, ou encore à des cieux nuageux et tourmentés, comme autant d’«états transitoires de la pensée».
Ces Paysages, Visions signés Mireille Kassar rappellent les paysages de fonds, flous et à effet brumeux, des peintures du Quattrocento. Et, s’ils évoquent par moments le sfumato de Leonardo Da Vinci, ils restent caractérisés chez l’artiste contemporaine par la récurrence de trous, de gouffres, d’appels d’air qui «ouvrent sur quelques chose de nouveau, une nouvelle possibilité, un état nouveau de la conscience», explique-t-elle.
Intéressée par «la transmission, la métamorphose, la mutation» et sans doute aussi la transmutation, Mireille Kassar entreprend, depuis plus d’une décennie, un «grand œuvre» qui questionne le passé, «non pas dans un rapport nostalgique, mais sur le mode d’une exploration de l’énergie qu’y en subsiste et les manières de la capter».
Des interrogations soulevées à travers une pratique artistique polymorphe que cette peintre et vidéaste, mais également soprano et presque architecte de formation – installée à Paris «parce qu’il y a le Louvre et que je peux y aller à n’importe quel moment», dit-elle – voudrait dans la lignée des artistes pluridisciplinaires du XVIIe siècle.

Une œuvre silencieuse et hypnotique
Une pratique picturale méditative, dans la présente exposition, privilégiant les pigments naturels (cuivre, oxyde de fer, charbon...) librement dilués dans l’eau. Et soutenue, dans les séries d’œuvres actuellement présentées chez Agial, par les perceptions et impressions engendrées chez cette artiste visuelle par la lecture de La Conférence des oiseaux (plus exactement Le Langage des oiseaux), le conte initiatique du poète persan Farideddine Attar. Une inspiration soufie qui lui permet, dit-elle, «de faire voyager mon travail». En faisant notamment émerger à la surface des papiers japonais ou tibétains qu’elle utilise des panoramas indéfinis, aux formes vaporeuses et tourbillonnantes, traversés, on dirait, par un puissant souffle intérieur. Mais également parcourus de plissures, de failles, de déchirures, d’empreintes, comme autant de cicatrices, marques corporelles et traces de vécu... Des territoires fossilisés aussi, fréquemment composés de strates, emprisonnant des résidus de textures ou prenant l’apparence d’un manuscrit, d’une pièce ancienne retrouvée, «à la fragilité apparente, mais à la résistance intrinsèque des survivants», souligne-t-elle.
L’ensemble compose une œuvre silencieuse et hypnotique, difficile à aborder par un regard non initié.
«Mon travail se situe en deçà du langage et par-delà le langage», soutient d’ailleurs Kassar. Expliquant qu’il n’est pas le fruit «d’une visualisation d’idées ni de concepts, mais d’un désir de rencontre avec l’autre. Une sorte d’appel à la perception profonde des personnes qui s’y intéressent».
Et référant à une dimension sensorielle, un état de conscience élargie qui fait fusionner l’ici et l’ailleurs, le passé et le présent dans un même instant d’éternité... primale.

*Jusqu’au 28 juin, à la galerie Agial, rue Abdel-Aziz. Tél. : 01/345213.
«L’être, comme un serpent, se renouvelle.» En lettres calligraphiques noires directement appliquées sur le mur blanc de la galerie, cette pensée ésotérique, formulée en arabe, ponctue une série de petits paysages vaporeux, de prime abord abstraits mais révélant au regard qui s’y attarde des panoramas intérieurs, des territoires de l’âme, des sortes d’invocations picturales incantatoires...Un peu plus loin, dans un espace entièrement repeint en noir, une autre série, présentée sous vitrines à l’horizontale, fait référence à des pics, des horizons, des vallées, des rivières, ou encore à des cieux nuageux et tourmentés, comme autant d’«états transitoires de la pensée».Ces Paysages, Visions signés Mireille Kassar rappellent les paysages de fonds, flous et à effet brumeux, des peintures du...
commentaires (2)

C'E S T - S U P E R B E !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

18 h 06, le 08 juin 2013

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Commentaires (2)

  • C'E S T - S U P E R B E !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    18 h 06, le 08 juin 2013

  • CONFÉRENCE DES OISEAUX OU DES "OISELETS" CA VA ! MAIS QUELQUE COMPARAISON, SI ÉLUSIVE SOIT-ELLE, AVEC LEONARDO DA VINCI EST UN PÉCHÉ DES PLUS ABJECTS !

    SAKR LOUBNAN

    07 h 55, le 08 juin 2013

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