Le metteur en scène présente ainsi cette pièce de Marivaux : « Du jeu de rôle au jeu de massacre. Les maîtres et les valets échangent leur rôle pour tester le cœur de l’autre. Ironie du sort, les deux couples font de même et chacun se trouve en face de sa chacune sans le savoir, le jeu de «massacre amoureux» peut commencer. Si cette pièce nous joue la comédie, c’est toujours au prix de la souffrance des quatre personnages principaux. Ils se débattent dans un monde où leurs propres sentiments leur échappent peu à peu.
Marivaux mêle sans cesse, dans le langage amoureux, la légèreté et la gravité. Lorsqu’un personnage est surpris par l’amour, son discours rend compte du bonheur qui l’envahit et dans le même temps de la crainte qui naît alors de ce sentiment encore inconnu. C’est à cette quête absolue vers la vérité des sentiments que nous assistons, impuissants. Le spectateur sait tout à l’avance et en ce sens son regard devient celui du voyeur.
La loi du désir. Ici, il faut aimer celui qu’on doit et ne pas aimer celui qu’on croit. Il faut donc vivre son désir interdit dans un monde où la valeur des sentiments est dictée par la loi. Marivaux a sans aucun doute le désir que les femmes aient une place plus grande et qu’elles cessent d’être dépendantes des hommes, objet de leur père, de leur frère, puis de leur mari. Le personnage de Silvia témoigne de cette indépendance: elle revendique le droit d’épouser un homme par amour.
Est-ce un territoire si éloigné du nôtre aujourd’hui? Je ne pense pas: devoir se battre pour faire exister son désir, pouvoir tout détruire pour lui. L’atteindre enfin, le vivre et dire «ce qui m’enchante le plus, ce sont les preuves que je vous ai données de ma tendresse.» Informations et réservations au 01 381 290.

