Le cheikh en croisade contre la corruption des élites au Pakistan boycottera les élections nationales attendues à la mi-mai, car elles seront "truquées" selon lui, et appelle ses partisans à continuer à manifester pacifiquement pour des réformes, a-t-il dit à l'AFP.
Tahir ul-Qadri s'était fait connaître en décembre et janvier dernier en parvenant à mobiliser, alors qu'il rentrait tout juste d'un exil volontaire de sept ans au Canada, des dizaines de milliers de personnes à Lahore (est) puis lors d'une "grande marche" sur la capitale Islamabad afin de demander des réformes visant, selon lui, à garantir la tenue d'élections libres ce printemps.
Il avait alors signé avec le gouvernement un accord stipulant que, conformément à la Constitution, seules les personnes honnêtes et non-corrompues pourraient être candidats à ces législatives. Depuis, son mouvement a semblé s'essouffler, et il dénonce les promesses non tenues du gouvernement.
"Le gouvernement et la commission électorale ont tous deux, progressivement, fait marche arrière sur tous les engagements" pris lors de la +grande marche+ d'Islamabad, a déclaré par téléphone M. Qadri, un influent religieux considéré comme modéré et farouche opposant aux talibans.
Selon lui, aux termes de la constitution, nombre de candidats ne devraient pas être autorisés à participer aux élections car ils ne payent ni impôts ni factures. Mais ils le seront in fine en soudoyant des juges qui les blanchiront aux yeux de la commission électorale, ajoute-t-il.
Il accuse les partis au pouvoir d'avoir d'ores et déjà "sorti des millions de dollars des coffres de l'Etat" pour financer leurs campagnes et déployés leurs agents sur le terrain pour "truquer" les élections.
"L'argent, la force et la manipulation règneront lors de ces élections, c'est pourquoi j'ai décidé que mon parti n'y participerait pas", dit-il. "Je combats pour des réformes, et cela peut prendre des mois, un an, deux, ou plus pour y parvenir", souligne le cheikh, accusé par ses détracteurs de jouer le jeu de l'armée en contribuant à discréditer les grands partis traditionnels.
Tahir ul-Qadri, 62 ans, préside l'organisation éducative et caritative Minhaj ul-Quran (La voie du Coran), un réseau qui compte aujourd'hui des centaines d'écoles au Pakistan et des antennes dans 90 pays.
Il avait lancé à la fin des années 1980 un petit parti politique, le Pakistan Awami Tehreek (PAT, Mouvement du peuple du Pakistan), sous la bannière duquel il s'était fait élire en 2002 avant d'abandonner son siège deux ans plus tard.
Selon nombre d'observateurs, l'appétit des Pakistanais pour une troisième voie émergente entre les deux grands partis traditionnels, le PPP du président Zardari et le PML-N de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, est bien réel, mais le PAT aurait de la difficulté à incarner à lui seul cette volonté de changement.
Le cheikh appelle ses supporters à organiser des sit-in pendant la campagne électorale et assure ne pas donner de consignes de vote, car "tous les partis sont corrompus". "Les sit-in auront lieu loin des bureaux de scrutin afin d'éviter des heurts", explique-t-il. "Nous ne stopperons pas les élections, nous allons simplement montrer au monde que ce processus est corrompu".
Tahir ul-Qadri s'était fait connaître en décembre et janvier dernier en parvenant à mobiliser, alors qu'il rentrait tout juste d'un exil volontaire de sept ans au Canada, des dizaines de milliers de personnes à Lahore (est) puis lors d'une "grande marche" sur la capitale Islamabad afin de demander des réformes visant, selon lui, à garantir la tenue d'élections libres ce printemps.
Il avait alors signé avec le gouvernement un accord stipulant que, conformément à la Constitution, seules les personnes honnêtes et non-corrompues pourraient être...

