Le risque que Chypre connaisse un défaut de paiement s'accentue compte tenu des hésitations au sein de la zone euro à lui venir en aide, estime mercredi l'agence de notation Standard & Poor's (S&P), qui n'exclut pas d'abaisser la note souveraine de ce pays dans l'année.
Chypre est actuellement notée "CCC+" par S&P, ce qui correspond à la note attribuée aux émetteurs de qualité médiocre présentant un vrai risque de non remboursement.
"Au vu des options limitées de Nicosie pour se financer et de ce qui semble être une attitude hésitante de ses partenaires de la zone euro (...), nous pensons que le risque de défaut (de paiement) est bien réel et s'accentue", indique l'agence de notation.
Par conséquent, il y a une chance sur trois qu'elle abaisse la note de Chypre en 2013, si un programme d'aide de la zone euro et/ou du Fonds monétaire international n'est pas rapidement mis en place ou si le gouvernement chypriote n'est pas en mesure de tenir les engagements pris en échange d'un programme d'aide financière.
S&P considère qu'un plan d'aide pour Chypre devrait atteindre environ 15 milliards d'euros, ce qui représente plus de 75% de son produit intérieur brut et ferait donc gonfler la dette à des niveaux insoutenables, au-dessus de 140% du PIB.
Ce pays a demandé une aide européenne en juin, après que ses deux principales banques, très exposées à la crise grecque, ont appelé le gouvernement à l'aide.
Début février, les ministres des Finances de la zone euro ont renvoyé toute décision à après l'élection présidentielle, dont le premier tour s'est déroulé dimanche dernier.
Mais les discussions pourraient encore prendre du temps, a affirmé à l'AFP un responsable européen sous couvert d'anonymat. "On a fixé la solution à mars, ce sera sûrement trop court", a-t-il indiqué, tablant sur une solution d'ici au mois de juin.
Nicosie sera confronté début juin à une importante échéance et devra rembourser 1,4 milliard d'euros.
L'ensemble des besoins de Chypre est évalué à plus de 17 milliards d'euros. Ce pays a adopté, à la demande de la troïka (UE, Banque centrale européenne et FMI) une série de mesures d'austérité pour réduire ses dépenses représentant 7,25% du produit intérieur brut sur quatre ans.
Mais certains membres de la zone euro, en premier lieu l'Allemagne, rechignent à aider Chypre s'il ne lutte pas activement contre le blanchiment d'argent. C'est "une condition sine qua non" d'un plan d'aide, a récemment affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.
Chypre est actuellement notée "CCC+" par S&P, ce qui correspond à la note attribuée aux émetteurs de qualité médiocre présentant un vrai risque de non remboursement.
"Au vu des options limitées de Nicosie pour se financer et de ce qui semble être une attitude hésitante de ses partenaires de la zone euro (...), nous pensons que le risque de défaut (de paiement) est bien réel et s'accentue", indique l'agence de notation.
Par conséquent, il y a une chance sur trois qu'elle abaisse la note de Chypre en 2013, si un programme d'aide de la zone...

