Les deux soldats, qui étaient déployés sur le plateau du Golan dans le cadre de la Force de l'ONU chargée de l'observation du désengagement entre la Syrie et Israël (UNDOF), se rendaient à l'aéroport de Damas pour rentrer en Autriche, selon le ministère.
L'un a été blessé au bras et l'autre à l'épaule. Les deux soldats, dont la vie n'est pas en danger, ont été soignés par un médecin qui faisait route avec eux, et le convoi est arrivé peu après à l'aéroport.
Deux autres soldats autrichiens ont été légèrement touchés par des éclats.
Selon un porte-parole du ministère autrichien, il n'a pas été possible de déterminer immédiatement si le ou les tireurs étaient des membres des forces gouvernementales syriennes ou des rebelles combattant le pouvoir du président Bachar al-Assad.
La télévision officielle syrienne, citant une source au ministère syrien des Affaires étrangères, a attribué les tirs aux rebelles.
"A environ 12h00 (10h00 GMT), au moment où un groupe terroriste armé tirait sur une position de l'armée dans le secteur d'Aqraba, les tirs ont atteint un véhicule de l'UNDOF, blessant deux membres de cette force", a déclaré la télévision.
Sans se prononcer sur l'origine des tirs, l'ONU a confirmé l'incident, survenu dans une "zone de Damas où se déroulaient des opérations militaires entre les forces armées syriennes et des membres armés de l'opposition", selon un communiqué du porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
"Le secrétaire général demeure profondément préoccupé par l'évolution du conflit en Syrie", a souligné le porte-parole.
"Comme le montre l'incident d'aujourd'hui, les affrontements entre les forces armées syriennes et les membres armés de l'opposition affectent les opérations de l'UNDOF et présentent un risque sérieux pour le personnel des Nations unies sur le terrain", ajoute le communiqué.
Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, et le ministre de la Défense, Norbert Darabos, ont condamné les tirs et ont annoncé dans un communiqué qu'il allaient protester auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.
"Le fait que des tirs aient atteint des membres autrichiens de la force de maintien de la paix doit être condamné dans les termes les plus forts", ont déclaré les deux ministres.
"Le gouvernement autrichien fera tout son possible, avec l'ONU, pour faire en sorte que cet incident soit élucidé", ont-ils prévenu.
M. Spindelegger a demandé à l'ambassade autrichienne à Damas de protester auprès du gouvernement syrien, et l'ambassadeur de Syrie à Vienne devait être convoqué au ministère pour fournir des explications.
"La Syrie est responsable de la sécurité de nos soldats de l'UNDOF et doit faire en sorte qu'ils puissent accomplir leur mandat international", a dit M. Spindelegger.
Environ 100 soldats autriohiens de l'UNDOF ont quitté Damas par avion dans la soirée de jeudi pour Vienne, à l'issue de leur période de six mois en Syrie.
Les deux soldats blessés ont été transportés vers vers un hôpital en Israël pour y recevoir des soins.
Soixante-dix autres soldats autrichiens, arrivés jeudi à Damas et devant se rendre sur le plateau du Golan dans le cadre de l'UNDOF, devaient passer la nuit à l'aéroport de Damas et ne le quitter que vendredi matin, pour des raisons de sécurité.
L'armée syrienne a lancé jeudi une vaste offensive contre les rebelles près de Damas, fermant la route reliant la capitale à l'aéroport, qu'elle a affirmé avoir sécurisé dans la soirée. Au même moment, une grande partie du pays a été coupée du monde, sans téléphone ni internet.
Le contingent autrichien de l'UNDOF compte 370 soldats.
Israël s'est emparé du plateau du Golan en 1967 pendant la Guerre des Six jours et l'a annexé en 1981, une décision qui n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.
Le Conseil de sécurité a mis en place l'UNDOF en 1974 pour faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et les forces syriennes.


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