"Homs pourrait être déclarée province sécurisée dans les heures ou les jours qui viennent, après la progression de l'armée sur tous les axes de la ville et de sa province", affirme le quotidien Al-Watan.
Les secteurs encore tenus par les rebelles sont la cible depuis cinq jours d'une offensive généralisée et l'armée pilonne ces quartiers où des milliers de civils sont pris au piège, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Vendredi, des avions militaires avaient bombardé pour la première fois depuis le début de la révolte cette ville surnommée "la capitale de la révolution".
Mercredi, l'armée tirait des obus contre la vieille ville et les quartiers environnants où sont retranchés les rebelles, selon l'OSDH.
D'après le quotidien officiel as-Saoura, "cinq nouveaux secteurs ont été nettoyés" dans la ville, assurant que les "terroristes", nom donné aux rebelles par le régime, "s'enfuient par les égouts". "Des Afghans et des Tchétchènes ont été tués" par l'armée, selon le journal.
Damas assimile la rébellion à du "terrorisme" financé par l'étranger et assure qu'elle est menée par des groupes jihadistes venus d'autres pays.
"C'est à pleurer tant notre situation est mauvaise", a affirmé à l'AFP un militant qui se fait appeler Abou Bilal et qui réside dans la vieille ville de Homs.
"Nous sommes totalement encerclés, il n'y a pas d'échappatoire", a-t-il précisé.
"Les hôpitaux de fortune sont pleins de blessés qui ont besoin d'une intervention chirurgicale et qui doivent être évacués. On est totalement bloqué", a poursuivi le militant, appelant les ONG internationales à l'aide.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a tenté à plusieurs reprises d'entrer à Homs, en vain, rebelles et forces régulières s'accusant mutuellement de violer un cessez-le-feu qui n'a jamais vu le jour.
Par ailleurs, l'armée syrienne envoyait mercredi des renforts vers la ville de Maaret al-Noomane, tombée la veille aux mains des rebelles, selon l'OSDH.
Les forces régulières s'étaient retirées mardi de tous les barrages à l'intérieur de Maaret al-Noomane, à l'exception d'un seul à l'entrée de la ville, à l'issue de 48 heures de combats, selon l'OSDH.
Située sur l'autoroute reliant Damas à Alep, cette ville est stratégique car les renforts qui se rendent à Alep (nord), théâtre d'une bataille cruciale entre régime et insurgés depuis près de trois mois, doivent nécessairement la traverser.
Les régions rurales alentour, dans la province d'Idleb (nord-ouest), sont déjà tenues par la rébellion.
A Alep, deuxième ville du pays, des combats se déroulaient aux abords de l'aéroport militaire d'al-Nairab, que les rebelles tentent depuis plusieurs semaines de prendre.
A Damas, "l'armée est déterminée à écraser tous ceux qui songent à s'approcher de la capitale", écrit également le quotidien Al-Watan. "Dans peu de jours, la province de Damas sera déclarée zone sécurisée".
Mardi, les violences à travers le pays ont fait au moins 180 morts, dont 84 civils.

