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Culture - Livres

Voyages au fil des pages américaines ou parisiennes des libraires

L’été, c’est connu, démultiplie les envies de voyage, d’évasion, de découverte d’autres pays, d’autres horizons, d’autres univers. Pour ceux qui pour des raisons diverses et variées se morfondent d’être bloqués sur place durant ces vacances, voici à défaut d’avion trois lectures* qui les transporteront sous d’autres latitudes. Parisiennes ou américaines... Rien de réellement exotique mais du dépaysement quand même !

Zéna ZALZAL

À commencer par le 28 boulevard des Capucines de David McNeil (éd. Gallimard). Un livre qui ouvre aux lecteurs les portes d’une adresse parisienne mythique : l’Olympia, une des plus anciennes salles de concert à Paris, où se sont succédé, jusqu’à ce jour, les plus grandes vedettes des variétés française et internationale, d’Édith Piaf aux Rolling Stones (et où, soit dit en passant, Tania Kassis va se produire le 19 octobre prochain ! ).
Dans cette prestigieuse salle, l’auteur David McNeil, également parolier de plusieurs vedettes du show-biz français et chanteur (plutôt confidentiel), avait donné un seul et unique concert un soir de janvier 1997.
En fait, au cours de ce concert, il avait sollicité Julien Clerc, Alain Souchon, Robert Charlebois, Renaud ou encore Laurent Voulzy, quelques-uns de ses copains chanteurs, pour reprendre avec eux sur scène les chansons qu’il leur avait écrites.
Quinze ans plus tard, il revient sur cette soirée, dont il avait « toujours rêvé » et qu’il s’était « offerte en cadeau pour (ses) cinquante ans ». Et, de paroles en refrains, c’est tout un florilège de souvenirs qui refont surface, l’amenant à coucher sur papier quelques grandes étapes du parcours multiartistique qui l’aura mené sur cette scène aux tentures rouges, l’espace d’un soir, lui, le fils du fameux peintre russe naturalisé français Marc Chagall, qui avait préféré prendre le patronyme de son oncle maternel pour ne pas être taxé d’exploiter le célèbre nom paternel.
À travers l’évocation de cette soirée, défilent alors au fil des pages de ce livre – qui emprunte donc son titre à l’adresse de la mythique salle de spectacles – anecdotes et récits de grandes rencontres (avec le photographe Doisneau, entre autres), de belles collaborations (avec Montand notamment), de fêtes, de flops et de succès (dont le fameux Mélissa qu’il écrivit pour Julien Clerc ou encore J’veux du cuir, pour Alain Souchon), de vagabondages et de tournées...
Une sorte de mélodie « franco-parisienne » émerge ainsi des Mémoires – en coulisses de l’Olympia – de cet artiste joyeux, sensible et qui ne se prend surtout pas au sérieux !

Scénarios à l’américaine
Changement de registre, de style et de paysages avec Un jour après l’autre d’Anita Shreve (éd. Belfond). L’histoire se passe dans les beaux paysages verdoyants du Vermont, où Webster, « gentil secouriste », rêve d’un avenir serein dans la maison qu’il compte construire – en économisant sur son maigre salaire – en pleine nature. Mais la rencontre de Sheila, une jeune femme ivre qui, au volant de sa voiture, avait percuté un arbre, va bouleverser tous ses plans. C’est le coup de foudre suivi d’un mariage express pour cause de bébé. Webster s’installe dans une existence qu’il n’avait pas prévue mais qu’il espère heureuse. Le trio mène durant quelque temps une petite vie paisible jusqu’au jour où les démons de Sheila la reprennent. Les années passent, Webster élève seul sa fille. Mais celle-ci semble marcher sur les traces de sa mère. Fou d’inquiétude, le « sauveur de vies » mettra tout en œuvre pour sauver sa fille de l’alcool. Quitte à ranimer le passé...
Ex-journaliste américaine, reconvertie il y a quelques années en auteure de best-sellers, Anita Shreve a l’écriture fluide et cinématographique. Ce qui lui a valu, en 2002, l’adaptation à Hollywood d’un de ses grands succès The Weight of the Water (lauréat du Pen/Winship Award ainsi que New England Booksellers, et finaliste du prestigieux Orange Prize) avec Sean Penn, Elizabeth Hurley et Sarah Poley.
En femme sensible, elle aime donner vie dans ses livres à des héros ordinaires. Ses personnages, à la fois idéalistes et tirés de la réalité la plus banale, donnent un parfait aperçu du mode d’esprit, de fonctionnement et de vie de l’individu ordinaire dans l’Amérique profonde. Un jour après l’autre mérite d’être lu. Même si le mélange de bons sentiments et du « happy end » lui donne un arrière-goût de guimauve... Parfaitement propice à une adaptation télévisée. À l’américaine.
Idem pour À propos d’amour de Jennifer Weiner (également traduit de l’américain et édité chez Belfond). Là aussi, un scénario parfait pour feuilleton de petit écran.
Sylvie, parfaite épouse du sénateur Richard Woodruff, apprend par une émission télé qu’elle est trompée ! Des années passées à épauler son mari, à sourire sur commande, à s’affamer pour rentrer dans les « tailleurs cintrés de fonction », à sacrifier l’épanouissement de leurs deux filles au profit de l’image de la famille parfaite... Tous ces sacrifices pour finir dans la rubrique épouse d’homme politique trompée !
Sylvie se rebelle, envoie promener le traître, les tailleurs chics et les sourires contraints, part méditer à la campagne et décide de reprendre sa vie en main...
Visiblement inspirée des scandales politico-privés qui font régulièrement la « une » aux États-Unis, cette jeune auteure américaine de comédies familiales signe là un roman léger et légèrement ironisant sur la « middle-life crise » des hommes, la crise existentielle de leurs épouses et l’hypocrite image de famille modèle qui prévaut dans le modèle politique américain. Uniquement ?


* En librairie.
Zéna ZALZAL À commencer par le 28 boulevard des Capucines de David McNeil (éd. Gallimard). Un livre qui ouvre aux lecteurs les portes d’une adresse parisienne mythique : l’Olympia, une des plus anciennes salles de concert à Paris, où se sont succédé, jusqu’à ce jour, les plus grandes vedettes des variétés française et internationale, d’Édith Piaf aux Rolling Stones (et où, soit dit en passant, Tania Kassis va se produire le 19 octobre prochain ! ). Dans cette prestigieuse salle, l’auteur David McNeil, également parolier de plusieurs vedettes du show-biz français et chanteur (plutôt confidentiel), avait donné un seul et unique concert un soir de janvier 1997. En fait, au cours de ce concert, il avait sollicité Julien Clerc, Alain Souchon, Robert Charlebois, Renaud ou encore Laurent Voulzy, quelques-uns de ses...
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