Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a déclaré, vendredi lors d'une conférence de presse, que ces dernières 48 heures ont donné du Liban l'image d'un "terrain délaissé, dénué des caractéristiques d'un Etat".
Commentant l'affaire Mokdad, Samir Geagea a dénoncé les enlèvements perpétrés par des groupes armés qui "dessinent une politique hors cadre et hors norme". L'existence d'une "branche armée" au sein d'une famille (en allusion au clan Mokdad) sape le concept de l'Etat, a-t-il souligné.
Mercredi, des dizaines de ressortissants syriens ont été enlevés par la "branche armée" du puissant clan chiite des Mokdad en riposte au rapt de l’un des leurs, Hassan, en Syrie. Une démonstration de force qui a choqué les Libanais, population et responsables. Ces pratiques ont en effet replongé les Libanais dans le cauchemar de la guerre civile (1975-1990), quand les rapts, perpétrés par des miliciens agissant en toute impunité, sur base de la confession ou de la nationalité, étaient monnaie courante.
"Que se passerait-il si d'autres citoyens adoptaient le comportement des Mokdad? Nous faisons, tous, partie de grande familles et de tribus, mais nous tenons à ce que les choses restent dans le cadre du jeu démocratique", a poursuivi M. Geagea, qui a appelé à "la recherche des otages, syriens ou autres, et à leur libération, même par la force, ainsi qu'à l'arrestation de toute personne qui est apparue armée à la télévision".
Le leader des FL a par ailleurs estimé que ces enlèvements constituent un moyen de faire pression sur le chef de l'Etat Michel Sleiman et sur le Premier ministre Nagib Mikati. Une pression dont la cause est, selon lui, la colère des responsables syriens après l'arrestation de l'ancien ministre Michel Samaha.
Soupçonné d’être lié à une affaire à caractère sécuritaire, Michel Samaha a été arrêté le 8 août à son domicile de Khenchara (Metn-Nord) par une unité des services de renseignements des Forces de sécurité intérieure. À en croire diverses sources d’information, M. Samaha aurait planifié, à l’instigation de Damas, plusieurs attentats à la bombe qui étaient prévus lors d’iftars au Liban-Nord, et plus précisément au Akkar, l’objectif étant, selon les sources précitées, de provoquer une discorde sunnito-alaouite et sunnito-chrétienne.
Samir Geagea a de ce fait appelé les deux présidents (Sleiman et Mikati) à prendre les mesures nécessaires, comme la décision de "décréter l'état d'urgence, même partiel, pour mettre un terme aux apparitions d'éléments armés et aux dérapages sécuritaires".
Evoquant par ailleurs la fermeture, fréquente depuis quelque temps, de la route de l'aéroport international de Beyrouth, M. Geagea a qualifié la situation d'"insupportable" et de "mascarade". Et de déclarer sur ce plan : "Nous avons un autre aéoroport, celui de Kleiate (Liban-Nord). N'est-il pas sur le territoire libanais pour que les citoyens puissent l'utiliser au lieu d'être à la merci des humeurs de certains?"
Le député Michel Pharaon avait également proposé lors de la séance de dialogue national, hier, "l’ouverture et l’utilisation de l’aéroport de Kleiate, vu la situation d’urgence que traverse le pays".
Commentant l'affaire Mokdad, Samir Geagea a dénoncé les enlèvements perpétrés par des groupes armés qui "dessinent une politique hors cadre et hors norme". L'existence d'une "branche armée" au sein d'une famille (en allusion au clan Mokdad) sape le concept de l'Etat, a-t-il souligné.
Mercredi, des dizaines de ressortissants syriens ont été enlevés par la "branche armée" du puissant clan chiite des Mokdad en riposte au rapt de l’un des leurs, Hassan, en Syrie. Une démonstration de force qui a choqué les Libanais, population et responsables. Ces pratiques ont en effet replongé les Libanais...

