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Alep, capitale économique de la Syrie dans la tourmente de la guerre

AFP
24/07/2012
Deuxième ville de Syrie avec 2,5 millions d'habitants, l'industrieuse Alep a sombré dans la tourmente de la guerre après s'être mise longtemps à l'abri des soubresauts qui secouent le pays depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011.

Spécialisée depuis des décennies dans l'industrie manufacturière, notamment le textile, grâce au coton --une des richesse du pays--, la métropole du Nord, deuxième ville de l'Empire ottoman au 19ème siècle, est un important centre commercial.

Etape sur la route de la soie et forte d'une riche tradition artisanale, Alep a été la capitale d'une vaste province qui couvrait le sud-est anatolien et les plaines du Nord, jusqu'à la fin de la première guerre mondiale.

Punie par le régime en raison du soutien des commerçants de la ville à la révolte des Frères musulmans (1979-1982), Alep a souffert de l'accord de libre-échange signé avec la Turquie en 2005, beaucoup de petites entreprises ayant fait faillite face à la concurrence turque.

Mais les Alépins, connus pour leur sens des affaires, ont su devenir plus compétitifs en développant notamment les secteurs agroalimentaire et pharmaceutique.

"Alep était calme car c'est une ville industrielle et commerçante qui a retrouvé grâce aux yeux du régime après 10 ans de punition", estime le géographe Fabrice Balanche, directeur du Groupe de Recherches et d'Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient.

"Le dispositif sécuritaire est très puissant depuis cette date. Les rebelles viennent des campagnes car les Alépins d'origine restent chez eux", dit-il.

Attirés par des emplois, de nombreux ruraux, notamment des sunnites et des Kurdes, sont venus s'installer dans l'agglomération d'Alep, qui s'étend sur 120 km2.

Le quartier historique de la ville, réputé pour son souk et ses maisons bourgeoises datant de la période ottomane et du mandat français, a été classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1986.

Les Arabes sunnites représentent 65% de la population et les Kurdes, de même confession et installés dans le nord de la ville, sont estimés à 20%. Les chrétiens représentent environ 10%, dont la moitié d'Arméniens. Les autres sont des syriaques, des grecs-catholiques et des maronites.

Venus notamment se réfugier à Alep en 1939 après qu'Alexandrette eut été rattachée à la Turquie, les alaouites comptent pour 5% de la population de la ville où, contrairement à Damas et Homs, il n'y pas à proprement parler de quartier alaouite, en dehors de celui réservé aux fonctionnaires à Hamdaniyé, dans l'est de la ville.

Pour M. Balanche, les quartiers entre les mains des rebelles sont ceux du nord-est (Tarik el-Bab) et sud-est (Salaheddine). Les quartiers informels dans l'agglomération d'Alep, dont la population provient des campagnes, sont contrôlés par l'opposition.

Les rebelles ne tiennent pas les quartiers centraux et ceux de l'ouest peuplés par la bourgeoisie, les chrétiens et surtout les Alépins d'origine. Les quartiers riches sont Chahba, Haleb el-Jedid (nouveau Alep) et le centre.

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