Une vue de la conférence de presse. Press Photo
Une distribution internationale comptant Anita Hartig (soprano) dans le rôle de Mimi, Paolo Fanale (ténor) dans celui de Rodolfo, Nicola Beller-Carbone (soprano) interprétant Musetta, Lionel Lhote (baryton) sous les traits de Marcello et Éric Martin-Bonnet (basse) en Colline le philosophe... Ces artistes, déjà à Beyrouth une semaine avant la représentation pour cause de répétitions, entouraient Nadine Duffaut, metteur en scène, et Nora Joumblatt, présidente du Festival de Beiteddine, au cours d’une conférence de presse tenue hier a l’hôtel Monroe, Minet el-Hosn.
«Une éblouissante Bohème», selon les termes des spectateurs qui y ont assisté, il y a neuf jours à Orange, «un opéra qui sera présenté pour la première fois au Liban, et qui clôture notre édition 2012, une édition accomplie en dépit des difficultés et de l’absence de nos amis des pays arabes et d’une grande partie des libanais de l’étranger», comme l’a souligné Joumblatt dans son mot.
Dans une scénographie originale et aérée, d’Emmanuelle Favre, Nadine Duffaut a signé une mise en scène «inventive, très caractéristique d’une époque et lyrique», avec costumes d’époque et décors comptant 14 tonnes. Plus de 100 personnes participent à cette production qui brosse le portrait de la jeunesse artiste et bohème sans le sou du Paris romantique... Puccini s’inspirant du roman de Henri Murger qui situe son action au Quartier latin. Les amours de Mimi la couseuse à la vie légère et du poète Rodolfo rythment chaque tableau, entre séparation remise et rencontres passionnées.
De la difficulté de jouer avec un orchestre local, Nadine Duffaut a indiqué qu’il fallait plutôt parler d’une richesse d’échange musical et d’une joie supplémentaire.
Pour la note historique, indiquons que La Bohème a été créé au Teatro Regio de Turin en 1896. Le livret en avait été écrit par Giocosa et Illica, d’après les ouvrages successifs de Murger, Scènes de la bohème, un feuilleton paru entre 1822 et 1861, puis La Vie de bohème, une comédie créée en 1849, et enfin le roman publié en 1851, Scènes de la vie de bohème. En compagnie de ses librettistes, Puccini a travaillé toute l’année 1895 à l’orchestration de son nouvel opéra, après le triomphe de Manon Lescaut, trois ans plus tôt, sur cette même scène de Turin. L’œuvre nouvelle a été confiée à la baguette d’Arturo Toscanini, un jeune chef promis au plus bel avenir et qui deviendrait un ami sourcilleux du compositeur. Les innovations musicales de Puccini, tant harmoniques qu’orchestrales, avaient hérissé la critique qui a prédit l’échec de cet opéra. Verdi lui-même, qui saluait en Puccini un musicien novateur, lui a reproché certaines hardiesses. C’est finalement le public qui a fait le succès de cette œuvre où le compositeur ne laissait guère de place aux chanteurs pour en tirer un succès personnel. De fait La Bohème est à prendre dans sa globalité.
Il est également important de souligner qu’Anita Hartig, jeune soprano roumaine vivant à Vienne, vient remplacer Inva Mula initialement annoncée comme la Mimi de cette production. Hartig est considérée une «révélation» de ce rôle, l’ayant tenu à maintes reprises, au théâtre La Monnaie de Bruxelles, à la Scala de Milan et au Covent Garden de Londres, le Daily Telegraph a écrit en juin dernier que sa voix était «d’une clarté immaculée et posée, une véritable trouvaille». À découvrir donc, jeudi 26 juillet, au palais de Beiteddine.

