Le public libanais l’attendait depuis si longtemps. Il était là au rendez-vous. Sur fond de citadelle de Byblos avec la mer devant lui, BB King a gratté sa guitare et a ondulé les vagues sur « rhythm and blues ».
Le temps d’un concert, le roi du rhythm and blues a présenté ses plus beaux standards. Press Photo
«Ça balançait pas mal » hier soir à Byblos où le roi du blues, accompagné de sept de ses musiciens (grand gabarit), nimbait de sa musique le ciel étoilé de la ville. Un regard furtif lancé au public et, ô surprise, il semblait que la majorité était composée de jeunes adolescents (malgré la présence de vieux adolescents). Comment se fait-il que cette génération s’intéresse à l’octogénaire qui a traversé les grandes époques du blues depuis 1945 ? La réponse semble évidente. L’homme assis afin qu’il puisse accomplir sa performance musicale était – en dépit de son âge avancé – de la race des lions. De ceux qui mugissent malgré les signes de fatigue qu’il a montrés à certains instants au cours de la soirée. Il est de la trempe des grands musiciens qui ont accompagné les plus jeunes et qui ont scellé de leur sceau les œuvres des autres. BB King est un intemporel et c’est ce qui a fait le charme de ce concert hors temps où tout le monde scandait et vociférait le nom de cette légende vivante. Ça balançait pas mal à Byblos où il régnait une ambiance de Nouvelle Orléans, un air de Mississippi. Sonnez les cuivres et résonnez les guitares. Une mention spéciale est accordée à ce magnifique orchestre qui, lorsqu’il a senti que le king était un peu fatigué sur scène (accident de parcours), a su encadrer le maître du blues pour qu’il reprenne de plus belle. Ça balançait pas mal à Byblos où l’invité de la Maison-Blanche (c’était en février) a, ce soir-là, invité les jeunes à le rejoindre sur scène car, dit-il, cela fait « longtemps que je n’ai pas embrassé une jolie femme et il y en a plein dans la salle ». Ça balançait pas mal à Byblos où toute la salle a presque déferlé à ses pieds, cet auteur compositeur qui a su mélanger les notes jazzy aux notes plus rock et plus funk. Et si parfois il n’égrenait que quelques notes ou ne chuchotait que quelques phrases comme Rock Me Baby, cela suffisait à soulever la foule qui entonnait avec lui ses chansons. BB King est un battant et un fou de la scène. Malgré ses nombreuses tournées d’adieux, il revenait toujours. Ainsi, lorsque la soirée s’est prolongée et que l’artiste devait s’en aller, les magnifiques musiciens qui l’entouraient ont repris l’air de When the Saints Go Marching In, que le public a entonné avec plaisir.
«Ça balançait pas mal » hier soir à Byblos où le roi du blues, accompagné de sept de ses musiciens (grand gabarit), nimbait de sa musique le ciel étoilé de la ville. Un regard furtif lancé au public et, ô surprise, il semblait que la majorité était composée de jeunes adolescents (malgré la présence de vieux adolescents). Comment se fait-il que cette génération s’intéresse à l’octogénaire qui a traversé les grandes époques du blues depuis 1945 ? La réponse semble évidente. L’homme assis afin qu’il puisse accomplir sa performance musicale était – en dépit de son âge avancé – de la race des lions. De ceux qui mugissent malgré les signes de fatigue qu’il a montrés à certains instants au cours de la soirée. Il est de la trempe des grands musiciens qui ont accompagné les plus jeunes et qui ont...
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