La petite Guillem entre à l’Opéra national de Paris à 12 ans. Engagée dans le corps de ballet en 1981 à l’âge de 16 ans, elle remportera deux ans plus tard la médaille d’or au Concours international de ballet de Varna, en Bulgarie. Le 24 décembre 1984, elle devient première danseuse mais, très vite (cinq jours plus tard), Rudolf Noureev la «sacre» danseuse étoile. Guillem a seulement 19 ans. Elle est la plus jeune étoile du Ballet de l’Opéra de Paris qu’elle quittera cependant cinq ans plus tard pour faire une carrière internationale. La danseuse au caractère indépendant et préférant aller à la quête de rôles hors du répertoire traditionnel, prend son envol.
Actuellement soliste au Royal Ballet de Londres, elle a collaboré avec de grands chorégraphes d’univers divers comme Béjart, Akram Khan ou Russel Maliphant. Passionnée, elle milite sur tous les fronts: la danse, la cause des femmes et l’environnement. Sa puissance et sa souplesse (des jambes qui se déploient à 180°) sont sa signature.
Russell Maliphant, créateur du spectacle Push, quitte le Royal Ballet de Sadler’s Wells en 1988 afin de pouvoir explorer de nouveaux mondes du mouvement. Il se met à travailler avec des chorégraphes expérimentaux pour oser quelques années plus tard ses propres créations où il poussera ses danseurs à éprouver chaque mouvement, chaque articulation.
Lorsque Guillem voit pour la première fois un spectacle de Maliphant elle avoue qu’elle avait «envie d’être sur scène avec eux». Le chorégraphe crée alors pour elle et Broken Fall (Chute interrompue) qui remporta le prix Olivier Award de 2003. Il enchaînera par Two, un solo mettant en valeur les prouesses physiques de la danseuse et Push (poussée) qui s’explique littéralement par le mouvement. Un spectacle consacré par quatre prix prestigieux pour Guillem et Maliphant, notamment le prix Lawrence Olivier et celui de la meilleure chorégraphie au National Dance Awards.

