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Culture - Exposition

Vahram, Vahran et des pierres semi-précieuses chez Noah’s Ark

La galerie Noah’s Ark, rue du Port, expose les deux « V » des peintres arméniens (Vahram Davtian et Vahran Roumelian) ainsi que des pierres semi-précieuses sculptées par des artistes d’Erevan, Arthur Aramian et Roberto Manouguian.

Une toile signée Vahram, « Les musiciens rouges ».

Edgar DAVIDIAN

 

Alliance du fantastique, du surréalisme, de l’abstraction et de la lisse luisance des pierres jaillies de la terre de Grégoire l’Illuminateur.
Une dizaine d’huiles, toutes dimensions confondues, de Vahram qui captivent, non seulement par l’éclat des couleurs, mais surtout par une imagination féconde faisant vivre, dans un faste déluré, une Renaissance baroque, ludique, onirique. Des costumes taillés en dentelles fines, des paysages entre délire des tourelles et montagnes où la Toscane et les plateaux de l’Arménie ont d’étranges correspondances, tel est le monde improbable mais habité de savoureuses images d’un peintre au pinceau d’une exquise finesse. Et qui n’a rien à envier à l’habileté des peintres de l’époque médiévale.
Fantaisie, fantasmagorie et bribes d’histoire d’un seizième siècle comme pris dans l’étau de notre époque font un malicieux clin d’œil à la vie moderne et ses accessoires. Il est évident qu’on n’a pas fini de découvrir l’œuvre de Vahram – à voir toujours avec une lorgnette avisée – qui vient d’ailleurs d’obtenir le Prix Monaco du meilleur peintre d’un certain surréalisme de l’absurde.
Sur un plan totalement différent se déclinent les dix autres toiles de Vahran qui, dans une inspiration très à la Mathieu, fait éclater et fusionner des couleurs volcaniques, incandescentes et vives. Explosion drue et sourde de tonalités dans une fureur irrépressible de mouvements déliés et savamment désordonnés. Entre écriture chinoise à déchiffrer et éclaboussures systématiques se déploie un univers chaotique, sidérant dans son anarchie, à travers mixed médias et huiles, dosés avec talent et maîtrisés dans ses faux dérapages de jubilatoires feux d’artifice.
Plus sereines et empreintes d’un silence à la fois grave et volubile sont ces sept pierres semi-précieuses (obsidiennes, basalte, jaspe et silex...) sculptées par deux artistes, aussi arméniens, à découvrir, Arthur Aramian et Roberto Manouguian.
Corps de femmes, rondeurs, galbes aux mensurations sages ou provocantes, nudité de femme avec chapeau, maternité en totem, mouvement et équilibre des volumes, simples abstractions d’un imaginaire porté à une certaine rêverie et originalité de conception sont ces pierres à l’éloquence particulière, à la fois moderne et conventionnelle. Polies, poncées, lisses, souriantes, burinées, recouvertes d’une patine de douceur et de luisance, ces statuettes ont le velours, la douceur ou les aspects rêches et obstinés de la terre de Sayat Nova.

* Noah’s Ark, second point d’exposition, rue du Port, centre-ville. L’exposition se prolongera jusqu’au 15 juillet.

Edgar DAVIDIAN
 
Alliance du fantastique, du surréalisme, de l’abstraction et de la lisse luisance des pierres jaillies de la terre de Grégoire l’Illuminateur.Une dizaine d’huiles, toutes dimensions confondues, de Vahram qui captivent, non seulement par l’éclat des couleurs, mais surtout par une imagination féconde faisant vivre, dans un faste déluré, une Renaissance baroque, ludique, onirique. Des costumes taillés en dentelles fines, des paysages entre délire des tourelles et montagnes où la Toscane et les plateaux de l’Arménie ont d’étranges correspondances, tel est le monde improbable mais habité de savoureuses images d’un peintre au pinceau d’une exquise finesse. Et qui n’a rien à envier à l’habileté des peintres de l’époque médiévale. Fantaisie, fantasmagorie et bribes d’histoire d’un...
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