«La Fédération des libraires allemands a choisi de distinguer cette année cet auteur chinois pour sa parole forte et impassible, (qui) donne une voix audible à la pression du pouvoir et aux (citoyens) déchus de leurs droits civiques», a-t-on expliqué dans un communiqué.
Né en 1958 à Chengdu dans la province du Sichuan (Sud-Ouest), Liao Yiwu s’est notamment inspiré des événements de la place Tiananmen, le 4 juin 1989, pour rédiger son poème intitulé Le Grand Massacre qu’il a propagé en Chine avant d’être arrêté en février 1990 et condamné à 4 ans de prison pour « diffusion de propagande contre-
révolutionnaire ».
«À travers ses livres et ses poèmes, Liao Yiwu donne a lire un monument littéraire excitant sur la société chinoise», ont-ils poursuivi. Doté de 25000 euros, le prix doit lui être remis le 14 octobre à l’église Saint-Paul de Francfort (Ouest).
Il s’agit de l’une des plus importantes distinctions littéraires en Allemagne, avec le Prix Georg Büchner récompensant une œuvre en allemand.
L’auteur, qui a passé une enfance difficile loin des bancs de l’école, avait travaillé comme commis de cuisine et chauffeur avant de trouver un emploi dans un magazine où il s’est illustré par des poèmes qui lui ont attiré plusieurs récompenses en Chine.
En 1987, les autorités chinoises l’avaient inscrit sur une «liste noire» et lui avaient interdit l’écriture. Certaines de ses œuvres n’ont circulé que sous le manteau.
Il s’était servi de la flûte découverte en prison, qui lui permet à sa sortie de jouer dans la rue pour rédiger «La Société des bas-fonds», une série de 60 entretiens initiés par ses rencontres.


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