"Nous allons travailler à l'unification de notre vision", a déclaré à l'AFP Burhan Ghalioun, l'ex-président de la principale plateforme de l'opposition syrienne, le Conseil national syrien (CNS), peu avant le début des travaux.
Outre le CNS, le Conseil national kurde, qui avait rejeté les appels au ralliement de M. Ghalioun lors d'une précédente réunion de l'opposition en mars à Istanbul, le groupe constitué autour de l'intellectuel Michel Kilo et celui du chef de tribu Nawaf al-Bachir doivent notamment participer à la rencontre, selon des sources syriennes concordantes.
Des représentants de plusieurs pays arabes et occidentaux doivent également assister au début des travaux et avoir une "petite rencontre" avec l'opposition syrienne, avant de quitter la réunion, selon une source diplomatique occidentale.
La France est représentée par son ambassadeur à Damas, Eric Chevalier, rappelé à Paris en novembre pour protester contre les violences du régime de Bagdad, a constaté l'AFP.
L'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie et la Turquie sont également représentés par des diplomates de haut rang.
Le ministère turc des Affaires étrangères avait annoncé la constitution d'un "groupe de coordination afin de soutenir l'opposition syrienne" au lendemain d'une rencontre début juin à Istanbul des chefs de la diplomatie de 16 pays arabes et occidentaux, dont les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni.
L'objectif de la réunion de travail de vendredi est de rechercher les moyens de mettre fin au morcellement de l'opposition en amont d'une grande conférence des opposants syriens qui doit se tenir au Caire, sous les auspices de la Ligue arabe, à une date encore non décidée, selon des sources de l'opposition.
"Nous sommes là pour définir une position commune. Il n'y a plus beaucoup de points de divergence entre nous", a commenté vendredi pour l'AFP Bassma Qodmani, responsable des relations extérieures au sein du CNS.
Mais des voix discordantes se faisaient déjà entendre, contestant la prééminence du CNS et de ses dirigeants.
"Je ne suis pas optimiste quant au résultat (...) Le gens combattent Assad parce qu'ils ont besoin d'un pays démocratique, ils ont besoin de liberté, pas pour remplacer Bachar al-Assad par Burhan Ghalioun ou Abdel Basset Sayda", le nouveau président du CNS, a déclaré Ammar Qurabi, à la tête d'un petit courant d'obédience nationaliste.
"Je pense que la révolution mérite mieux que cette opposition", a ajouté M. Qurabi devant un petit groupe de journalistes.
Fin mars, la plupart des opposants ont reconnu le CNS comme le "représentant formel" du peuple syrien, et en avril, les "Amis du peuple syrien" l'ont qualifié de "représentant légitime de tous les Syriens".
Mais l'organisation est critiquée pour son inefficacité et pour son manque de coordination avec les militants sur le terrain. Elu dimanche dernier à la tête du CNS, le Kurde Abdel Basset Sayda a assuré qu'une des priorités de son mandat serait l'unité de l'opposition.

