Un portrait signé Paul Guiragossian.
Un ouvrage, de format luxueux, intitulé tout simplement Torossian (207 pages, édition Chirak), groupe les photos, en couleurs, des peintures, aquarelles et gravures d’un artiste au parcours riche et édifiant. Mais aussi des photos de vie mondaine et des rencontres avec d’autres peintres, poètes ou créateurs de tous crins. Sans oublier un ensemble de divers textes de presse incluant critiques et présentations des tableaux qui, entre Beyrouth, Paris, Marseille et Erevan, ont fait la une des expositions et des cimaises internationales. Textes certes éclairants, mais un peu disparates, aussi bien en langue française, arabe et anglaise.
Ouvrage consacrant une longue carrière qui a débuté en 1960 dans la Ville Lumière après des études à l’École nationale supérieure des beaux-arts, ainsi qu’à l’Académie Julien et la Grande Chaumière.
Né en 1932 à Beyrouth et détenteur du prix Sursock en 1968, Harout Torossian est reconnu pour ses dessins précis, la parcimonie de ses couleurs sobres, la gravité de ses paysages mélancoliques et les rondeurs de ses nus, surtout féminins, comme un constant hommage et éloge à la beauté de la vie.
À quatre-vingts ans et plus d’un demi-siècle de labeur (plus de vingt expositions personnelles et cinquante collectives), Harout Torossian, dont la griffe et le pinceau sont aujourd’hui reconnaissables d’emblée, est le maître de toutes les générations d’avant-guerre. Un maître du pinceau et de la palette, doublé d’un fin professeur dont l’enseignement (à l’Université libanaise, l’Académie Toros Rossly, au Haïgazian Center et Hamaskayine) a permis l’éclosion de bien de nouveaux talents.
Un livre, une monographie, peut-être bien sage et plus photos que textes qui fouillent en profondeur, pour mieux connaître un peintre qui n’a plus à être présenté au public, et surtout une époque à cheval entre deux périodes de l’histoire du Liban.
E.D.


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