La mesure d'isolement de deux prisonniers de longue durée a été levée mercredi soir à l'issue de tractations, satisfaisant ainsi partiellement à une revendication des grévistes, ont rapporté la radio publique israélienne et le quotidien palestinien Al-Quds.
Le président palestinien Mahmoud Abbas et le coordinateur des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient Robert Serry "sont convenus de l'urgence de résoudre cette question" lors d'une rencontre jeudi, selon un communiqué de l'ONU.
Le commissaire général de l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA) Filippo Grandi a appelé jeudi "le gouvernement israélien à trouver une solution acceptable" pour les grévistes de la faim, les qualifiant de "prisonniers politiques".
Il a relevé que leurs revendications "étaient généralement liées aux droits fondamentaux des prisonniers, conformément aux Conventions de Genève", selon un communiqué de l'UNRWA.
Une responsable de l'ONG palestinienne de soutien aux prisonniers Addameer a fait état de progrès dans les négociations en cours dans les prisons, affirmant que l'administration pénitentiaire semblait "avoir accepté de permettre des visites des familles de Gaza" et de rétablir certains droits des détenus.
La porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Sivan Weizman a confirmé des rencontres permanentes avec les prisonniers, sans en révéler les résultats.
"S'agissant de l'isolement, il a été décidé de former une commission pour examiner chaque cas individuellement", a-t-elle déclaré à l'AFP.
Au moins dix détenus de la faim sont "en danger de mort" en raison de la durée de leur grève de la faim ou de leur refus d'une assistance médicale, a affirmé dans un communiqué l'ONG Médecins pour les droits de l'Homme-Israël (PHR-Israël).
Plusieurs dizaines de manifestants palestiniens ont bloqué jeudi l'accès aux bureaux du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Ramallah en Cisjordanie, comme la veille pour ceux de l'ONU, afin de presser les organisations internationales d'intervenir. Des dizaines d'autres ont manifesté devant le siège de l'Union européenne à Jérusalem.
Au moins un tiers des quelque 4.700 détenus palestiniens d'Israël (dont près de 310 en détention administrative) sont actuellement en grève de la faim, dont sept depuis plus d'un mois et demi, selon l'administration pénitentiaire, des sources officielles palestiniennes et des organisations humanitaires.
Ils réclament notamment l'abolition de l'isolement carcéral et de la détention administrative, qui permet l'incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.
Ils revendiquent également l'autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza ainsi qu'une amélioration générale de leurs conditions de détention.

