"Nous avons besoin de 1.000, 2.000, peut-être 3.000 observateurs, soit une mission majeure en mesure de visiter le pays tout entier et de voir ce qui s'y passe", a déclaré M. Erdogan lors d'un point de presse avec son homologue italien Mario Monti.
"Nous soutenons le plan (de l'émissaire international Kofi) Annan, mais si quelqu'un devait me demander où en sont mes espoirs, je répondrais que j'ai perdu tout espoir", a-t-il ajouté.
"Que peuvent faire 50 observateurs? Ils ne peuvent même pas inspecter une petite partie d'une région du pays", a-t-il déploré.
"Nous n'avons pas réussi à obtenir la solution que nous voulons. Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait peut-être prendre d'autres mesures", a-t-il ajouté.
M. Monti a de son côté qualifié la situation en Syrie de "très inquiétante" et indiqué que son gouvernement était sur le point d'approuver l'envoi de 15 soldats italiens non armés pour prendre part à la mission d'observation de l'ONU.
Ces déclarations interviennent alors que Kofi Annan doit évaluer mardi devant le Conseil de sécurité l'application en Syrie de son plan de sortie de crise, au lendemain de législatives tenues sur fond de violences, boycottées par l'opposition et dénoncées par la communauté internationale.
"Nous n'estimons pas qu'il s'agit de véritables élections", a commenté M. Erdogan.
Quelques heures avant l'exposé de M. Annan, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que le monde était désormais "engagé dans une course contre la montre pour éviter une véritable guerre civile" en Syrie.
"Il est essentiel qu'il y ait un arrêt de la violence (...) et que des mesures soient prises pour appliquer le plan" de M. Annan, a-t-il ajouté.
Vendredi, le porte-parole de M. Annan a Genève avait estimé que ce plan était "sur les rails". Pourtant sur le terrain, le cessez-le-feu censé mettre un terme à plus de 13 mois de violences est toujours ignoré près d'un mois après son annonce le 12 avril, en dépit des engagements du régime et des rebelles.

