Kofi Annan (g) et le général norvégien Robert Mood. FABRICE COFFRINI/
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a adressé au Conseil de sécurité une lettre lui faisant part de son intention de nommer le général Mood. Les diplomates ne s'attendent à aucune objection de la part des 15 pays membres du Conseil qui devraient entériner cette décision vendredi.
Robert Mood, 54 ans, avait négocié avec le régime syrien le déploiement des 30 premiers observateurs de l'ONU, dont certains sont déjà sur place pour surveiller un cessez-le-feu de plus en plus compromis.
Cette équipe restreinte prépare le terrain au déploiement à partir de la semaine prochaine de la mission complète composée de 300 observateurs. Ceux-ci seront accompagnés d'environ 90 civils dont des experts politiques et des droits de l'homme.
Le général Mood a une longue expérience des opérations de maintien de la paix et du Proche-Orient. Entre 2009 et 2011 il était à la tête de l'Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST) au Moyen-Orient. Il a servi deux fois au sein de la Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR) en 1991-2000 et 2002, avant de devenir chef d'état-major de l'armée norvégienne en 2005.
Lors d'une récente interview à l'agence norvégienne NTB, il avait souligné "le gouffre de suspicion et de violence qui sépare le régime syrien et l'opposition".
Il devrait être à pied d'oeuvre le week-end prochain mais l'ONU a du mal à déployer rapidement la MISNUS, malgré les appels du médiateur Kofi Annan et de plusieurs pays à accélérer les choses.
Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a réclamé mercredi un déploiement "sous quinzaine et pas dans trois mois".
Selon le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies, le Français Hervé Ladsous, il faudra un mois pour déployer les 100 premiers observateurs avec leur équipement.
Pour l'instant, les pays contributeurs ont offert une centaine d'hommes, dont au moins sept Finlandais, lors d'une réunion mardi, selon des diplomates.
Le gouvernement syrien met aussi des obstacles, refusant que les observateurs viennent de pays membres des Amis de la Syrie. Ce groupe, qui soutient l'opposition syrienne, rassemble des pays occidentaux et arabes dont les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, le Royaume Uni, l'Arabie saoudite ou le Qatar.
Damas a déjà refusé un des candidats à la MISNUS, a indiqué mardi l'ambassadrice américaine Susan Rice. Selon un diplomate, il s'agit d'un militaire qui était déjà basé à Damas dans le cadre de l'ONUST.
L'équipe avancée d'observateurs est cependant dirigée par un colonel marocain, alors que le Maroc a participé à des réunions des Amis de la Syrie.
La Russie a accepté d'intervenir auprès de son allié syrien pour qu'il ne mette plus de batons dans le roues de la Mission, ont indiqué des diplomates.
L'équipe avancée circule depuis le 16 avril dans les villes touchées par la répression de la contestation.
Elle est chargée de surveiller le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril dans le cadre d'un plan de paix proposé par Kofi Annan, et d'aider à en faire appliquer les autres points: retour de l'armée dans les casernes, libération des détenus politiques, ouverture d'un dialogue politique entre pouvoir et opposition.
Les Occidentaux se montrent sceptiques sur la viabilité de la MISNUS et brandissent la menace de sanctons contre Damas en cas d'échec.
"Tout ce que nous avons vu jusqu'ici indique que les Syriens veulent gagner du temps et qu'ils n'ont pas l'intention de s'engager dans une transition politique, mais nous devons les mettre à l'épreuve", explique un diplomate.

