"L'Otan a la responsabilité de protéger les frontières de la Turquie", a-t-il dit à un groupe de journalistes l'accompagnant lors de sa visite en Chine.
L'article 5 du traité de lAtlantique Nord stipule que si un pays de lOTAN est victime dune attaque, chaque membre de lAlliance doit considérer cet acte comme une attaque dirigée contre lensemble des membres et doit prendre les mesures nécessaires pour venir en aide au pays allié attaqué.
"Nous avons beaucoup d'options", a-t-il dit, selon le journal pro-gouvernemental Sabah, interrogé sur ce que le gouvernement turc envisageait de faire en cas d'une poursuite des tirs vers la Turquie.
"Nous avons des droits découlant de la violation de la frontière. Il y a aussi l'option d'invoquer l'article 5 de la charte de l'Otan. Nous déciderons en fonction des développements", a-t-il dit.
Sur la question de savoir si la Turquie pourrait convoquer une réunion du Conseil, l'organe suprême de prise de décisions à l'OTAN, pour invoquer l'article 5, M. Erdogan a répondu: "Confrontée à une situation (où les violations perdureraient), la Turquie prendrait une telle décision."
Son ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu est toutefois resté prudent, affirmant que cette option n'était pour l'heure pas d'actualité.
"La frontière turque est une frontière de l'Otan. La protection de cette frontière concerne tous les alliés de l'Otan", a-t-il souligné devant la presse et d'ajouter: "Ce n'est pas d'actualité, aujourd'hui l'actualité c'est le cessez-le-feu" en Syrie conformément au plan de l'émissaire internationale Kofi Annan.
Sur le terrain, à la frontière turco-syrienne, de nouveaux tirs depuis la Syrie se sont produits tôt jeudi, selon l'agence de presse officielle Anatolie.
Des soldats syriens ont ouvert le feu contre un groupe d'une quinzaine de Syriens, dont des femmes et enfants, qui franchissaient la frontière à Kilis (sud-est), et des balles ont touché un camp de réfugiés situé à proximité, selon l'agence.
Personne n'a été blessé, ajoute Anatolie.
Dans la nuit de dimanche à lundi, les forces de sécurité syriennes ont ouvert le feu sur des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) qui approchaient de la frontière turque.
Les autorités turques ont fait état de six blessés, dont deux membres du personnel turc, dans le camp de Kilis lors de cette attaque -- la première à faire des victimes du côté turc de la frontière depuis le début de la répression des soulèvements en Syrie, en mars 2011.
Mais selon des témoignages recueillis par l'AFP, deux Syriens ont été tués par les tirs.
De nouveaux tirs sur le camp venant de Syrie ont été signalés le lendemain.
L'Otan a plusieurs fois annoncé qu'elle n'envisageait pas d'intervenir en Syrie.

