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Culture - Rencontre

Alexandre Najjar tient « Salon » littéraire à Washington

L’auteur libanais d’expression française, Alexandre Najjar, est convié aux États-Unis pour évoquer cette expérience linguistique et celle de son pays.

Alexandre Najjar et Sarah Diligenti à l’Alliance française.

«Le Liban et la francophonie en partage, un choix qui remonte bien avant le mandat français. Un choix, parce qu’il véhicule richesse et esprit d’ouverture, ce qui le différencie de bien d’autres pays de la région. À commencer par la Syrie et la Libye qui ont aboli de leur système d’éducation les langues étrangères.» Dixit Alexandre Najjar qui, à l’initiative de l’Alliance française de Washington, était invité à se présenter et à présenter son œuvre dans le cadre d’une série de rencontres intitulées «Salon». Au premier rang de l’assistance, ce soir-là, l’ambassadeur du Liban à Washington, Antoine Chédid.


Sarah Diligenti, qui anime «Salon» (formule de contact plus directe et moins officielle avec des auteurs d’expression française), a d’abord situé l’écrivain (parcours, production, prix, projets) qui dirige aussi L’Orient littéraire. Puis elle a commencé par orienter le dialogue vers deux de ses ouvrages (L’École de la guerre et Le silence du ténor) qui sont inscrits aux cours donnés à l’Alliance française ici. Sa question: «Comment les enfants, qui d’habitude jouent à la guerre, en vivent-ils une réelle?» Alexandre Najjar (8 ans au début de la guerre du Liban) a voulu dans son ouvrage «donner la parole aux enfants dont les seigneurs de la guerre les avaient privés». Précisant aussi que sans cette guerre, certes dénuée de toute circonstance atténuante, «il ne serait pas l’homme qu’il est aujourd’hui, celui qui a appris que le bonheur est dans les choses simples et que ce bonheur était à ce moment dans le malheur évité».

L’anglais incontournable, le français demandé
Dans Le silence du ténor (une biographie de son père), il n’en n’oublie pas moins le rôle des mères libanaises, pas du tout préparées à cette tragédie et qui l’on affrontée avec une formidable énergie créative. La sienne avait mis sur pied une école dans sa propre maison, lorsque ses enfants et d’autres ne pouvaient accéder à la leur. «Un comportement si rafraîchissant, face à l’habituel “famille je vous hais”», a souligné Sarah Diligenti.


Ce que le Liban a appris de cette guerre? Outre que ce sont les mêmes qui sont restés au pouvoir, «le plus grave et le plus affligeant, a expliqué Alexandre Najjar, est qu’une grande partie de la nouvelle génération est complètement conditionnée par les opinions et les héros de ses parents qu’elle suit aveuglément sans bâtir les siennes. Ajouté à cela, le facteur religieux qui prime sur l’appartenance nationale».


La portée de son livre Kadisha? «J’y mets en évidence deux éléments. Les chrétiens d’Orient ne sont pas dans la région à cause des Croisés ou du mandat français. Ils sont là depuis deux mille ans, et il était important de rappeler que Kadisha (où ils se réfugiaient quand ils étaient persécutés) est le symbole de leur résistance et de leur appartenance à leur terre. Ils n’ont jamais eu la vie facile, mais ils n’ont jamais baissé les bras et ont à vivre en harmonie avec les autres.»


La langue française aujourd’hui au Liban? «Malgré l’anglais incontournable, elle est toujours présente et reste toujours un grand enrichissement, permettant une grande ouverture d’esprit et, par conséquent, une facilité d’adaptation, comme témoigne l’expérience des Libanais, munis de ce bagage, qui vont étudier ou travailler à l’étranger. Ailleurs aussi, le français est demandé et fait florès dans des pays tels que la Russie et la Suède où on le choisit non par utilité ou parce que c’est une langue de salon, mais notamment pour sa beauté.»


La veille, l’ambassadeur Chédid avait donné un déjeuner en l’honneur d’Alexandre Najjar qui, du 3 au 6 mai, participera à une conférence internationale sur Gibran Khalil Gibran, organisée par la chaire de l’Université du Maryland, dédiée au célèbre penseur libanais.

«Le Liban et la francophonie en partage, un choix qui remonte bien avant le mandat français. Un choix, parce qu’il véhicule richesse et esprit d’ouverture, ce qui le différencie de bien d’autres pays de la région. À commencer par la Syrie et la Libye qui ont aboli de leur système d’éducation les langues étrangères.» Dixit Alexandre Najjar qui, à l’initiative de l’Alliance française de Washington, était invité à se présenter et à présenter son œuvre dans le cadre d’une série de rencontres intitulées «Salon». Au premier rang de l’assistance, ce soir-là, l’ambassadeur du Liban à Washington, Antoine Chédid.
Sarah Diligenti, qui anime «Salon» (formule de contact plus directe et moins officielle avec des auteurs d’expression française), a d’abord situé l’écrivain (parcours, production,...
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