Par ailleurs, le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane a accusé l'armée de recourir à la "tactique des maisons brûlées".
"Nous avons recensé des cas d'incendies de maisons appartenant à des militants ou à des soldats déserteurs, à Deraa (sud), Homs (centre), et dans les provinces d'Idleb (nord-ouest) et de Hama (centre)", a-t-il dit, estimant que cette "politique délibérée est appliquée quotidiennement depuis près de trois mois".
Les troupes procèdent également à "des vols" et à "des saccages". "C'est une sorte de punition collective, que l'on peut assimiler à des crimes contre l'humanité", a poursuivi M. Abdel Rahmane.
Au total, neuf déserteurs et neuf soldats ont péri lundi en Syrie, où la révolte populaire entamée le 15 mars 2011 s'est militarisée au fil des mois. Les combats entre forces gouvernementales et militaires dissidents passés à l'opposition ont pris récemment de l'ampleur et même gagné la capitale.
Deux civils et cinq déserteurs ont été tués lors d'une offensive de l'armée dans le village de Hass dans la province d'Idleb, selon l'OSDH. Les troupes ont incendié des maisons et arrêté des dizaines de civils.
Dans la même province, un soldat au moins ont été tué lors de combats dans le village de Khirbet al-Joz avec des déserteurs, et un autre a péri à Khan Cheikhoune. Une femme a aussi trouvé la mort à Kafrouma.
De son côté, l'agence officielle Sana a rapporté que les autorités avaient fait échouer une infiltration de "terroristes" près de Khirbet al-Joz depuis la Turquie voisine. "Un des terroristes a été tué alors que les autres ont fui, laissant des armes", a précisé Sana.
Deux autres villages ont été pilonnés par l'armée, tuant un adolescent de 16 ans, selon l'ONG. Ces deux villages ont été "visés par plus de 30 obus", a indiqué à l'AFP Noureddine Abdo, militant à Idleb, ajoutant que les troupes appuyées par des chars avaient investi le village de Maghara "perquisitionnant des maisons, en brûlant certaines et arrêtant des jeunes".
A Alep, deuxième ville de Syrie, un civil a été tué par une charge explosive, ainsi que deux déserteurs et un militaire dans des affrontements, selon l'ONG.
A Deraa, les forces de l'ordre appuyées par des blindés "procédaient à des perquisitions et à des arrestations dans la ville de Daël où deux maisons ont brûlé et une troisième s'est effondrée", selon l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC, opposition).
Dans la même région, des déserteurs ont attaqué à Inkhel des barrages militaires avec des roquettes RPG, tuant deux soldats, et à Jassem, les forces de l'ordre ont investi des écoles techniques, arrêtant plusieurs étudiants, a précisé l'OSDH.
Cinq civils ont été tués à Homs, de même que deux déserteurs et quatre soldats. Trois civils ont péri dans la ville proche de Qousseir et un à Rastane, selon l'OSDH.
Dans la région de Hama, un civil a été tué au cours de perquisitions.
A Damas, une explosion a eu lieu dans le quartier de Marjé, selon la télévision officielle Al-Ikhbariya. Quatre personnes ont été légèrement blessées et des magasins endommagés. Selon l'OSDH, des policiers ont été légèrement blessés par l'explosion.
Dans la province de Damas, un civil a été abattu à un barrage militaire tandis que la localité de Zabadani a été pilonnée par des chars. "Un grand nombre d'arbres a brûlé", a affirmé à l'AFP Mourtada Rachid, militant sur place.
Les violences en Syrie ont fait plus de 10.000 morts, dont plus de 7.300 civils, selon l'OSDH.

