"Le lâchage des Arabes et le silence des musulmans sont les choses les plus difficiles auxquelles font face les Syriens", lit-on sur une pancarte brandie à Kafaroma, dans la province d'Idleb (nord-ouest) par des centaines de manifestants.
La province d'Idleb est le théâtre des plus violentes opérations de l'armée qui tente d'y écraser la rébellion.
"Nous résisterons jusqu'à la dernière goutte de sang", "la Syrie saigne", ont écrit par ailleurs d'autres manifestants sur des pancartes à Erbine, près de Damas, selon une vidéo postée par des militants.
"Les musulmans et les Arabes nous ont lâchés (...) mais Dieu est avec nous (...) et notre détermination nous apportera la victoire", lit-on sur la page The Syrian Revolution 2011 qui a appelé les Syriens, comme chaque vendredi depuis un an, à manifester contre le régime de Bachar al-Assad.
Les dirigeants arabes, réunis jeudi en sommet à Bagdad, ont évité d'appeler le président Assad au départ et d'apporter leur soutien à l'armement des rebelles, alors qu'ils avaient dans le passé soumis à l'ONU un plan prévoyant le transfert des fonctions du chef de l'Etat à son vice-président.
Dans la capitale Damas, des manifestations de quelques dizaines de personnes ont bravé la forte présence des services de sécurité notamment à Qaboun, qui ont tiré sur un rassemblement dans le quartier de Kafa Soussé.
Des manifestations ont également eu lieu dans la banlieue de Damas, notamment à Hajar al-Aswad et à Douma, où des fidèles sont sortis de 12 mosquées, selon Mohmmad Saïd, un militant sur place. Là encore, les forces de sécurité ont tiré sur les manifestants.
A Deir Ezzor (est), des centaines de personnes ont manifesté dans la ville et à Alep (nord), deuxième ville du pays, des manifestations ont scandé "O Dieu, nous n'avons que toi pour nous aider".
Le sommet arabe s'est contenté d'enjoindre le régime et l'opposition à un dialogue "sérieux" et de rejeter toute intervention militaire en Syrie.
Vendredi, au moins 11 personnes, en majorité des civils ont été tués dans des violences à travers le pays.
La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte sans précédent contre le régime de Bachar al-Assad qui la réprime dans le sang. La contestation se militarise avec des affrontements de plus en plus fréquents et meurtriers entre déserteurs et forces gouvernementales.
Les violences, attribuées par les autorités à des groupes "terroristes", ont près de 10.000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).


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