Dans plusieurs quartiers de la capitale et sa banlieue, ainsi que dans d'autres villes du pays, les forces de sécurité ont tiré pour disperser les protestataires, faisant plusieurs blessés, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
A Maaret al-Noomane, ainsi que dans de nombreuses autres villes de la province d'Idleb (nord-ouest), des manifestations massives ont eu lieu à la sortie des mosquées réclamant notamment le jugement des dignitaires du régime qui réprime dans le sang la contestation depuis un an, a précisé l'ONG.
Dans la province de Hama (centre), les forces de l'ordre ont aussi tiré sur des manifestants, tandis qu'un soldat a été tué par des déserteurs, a-t-elle ajouté. Des manifestations ont eu lieu à Deraa (sud), selon des vidéos de militants.
Au total, cinq personnes ont péri, quatre soldats et un déserteur, à travers le pays, selon un bilan provisoire des violences fourni par l'OSDH. La veille 62 personnes en majorité des civils ont péri dans la répression et les combats entre soldats et déserteurs, a indiqué l'ONG.
De violents combats opposent depuis jeudi soldats et militaires dissidents à Aazaz, dans la province d'Alep (nord), près de la frontière turque, "également bombardée par les troupes et survolée par des hélicoptères", a affirmé à l'AFP Mohammad al-Halabi, un militant. Trois soldats et un déserteur y ont péri.
Aazaz, 75.000 habitants, est la plus grande ville de cette province après la ville même d'Alep. Elle est située à 50 (bien: 50) kilomètres au nord d'Alep, centre économique et commercial du pays.
Elle représente un enjeu stratégique pour le régime car, en raison de sa proximité avec la frontière turque, de nombreux civils blessés dans la répression ainsi que des déserteurs y transitent.
Par ailleurs, plusieurs quartiers de Homs (centre) étaient bombardés vendredi. "24 obus de mortier sont tombés sur Bab Dreib, Safsafa et Ouarché", a affirmé l'OSDH.
Dans la nuit, des manifestations ont eu lieu dans les quartiers de Midane, Roukneddine, Barzé et Jobar à Damas, en soutien aux villes bombardées et à l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe principalement des militaires dissidents, a rapporté Mohammad al-Chami, militant sur place.
Dans le quartier de Jobar, les militants ont accroché le drapeau de la révolution, utilisé en Syrie entre l'indépendance et l'arrivée au pouvoir du parti Baas en 1963.
A Douma, au nord-est de Damas, une vidéo diffusée par les militants montre des centaines de manifestants scandant des slogans réclamant la chute du président Bachar al-Assad et une intervention étrangère immédiate.
La capitale et sa région sont depuis quelques jours le théâtre chaque nuit d'affrontements entre soldats et l'ASL.
Les militants ont appelé à manifester comme tous les vendredis depuis le début de la contestation, en plaçant cette nouvelle journée de mobilisation sous le slogan: "Damas, nous arrivons".
Les violences ont fait plus de 9.100 morts en un an selon l'OSDH.

