"Ces deux éléments figurent dans la déclaration (du Conseil de sécurité, adoptée mercredi) grâce à ce qu'il faut bien appeler l'évolution de la position russe", a souligné le ministre français, lors d'une conférence de presse.
"Nous nous étions fixés deux lignes rouges, a-t-il rappelé: d'abord exiger du régime syrien qu'il prenne l'initiative d'arrêter l'utilisation de la violence et qu'en face, ce cessez-le-feu soit immédiatement suivi, et deuxième ligne rouge, que cette déclaration fasse référence de façon explicite à la transition politique, nécessaire pour que le peuple syrien puisse accéder à la démocratie".
"Les Russes ont un peu bougé puisque nous avons enfin adopté à l'unanimité un texte au Conseil de sécurité qui va permettre, je l'espère, à Kofi Annan d'obtenir un cessez-le-feu", avait auparavant déclaré le ministre sur la radio Europe 1.
Le Conseil de sécurité a adopté mercredi une déclaration soutenant la médiation de l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan pour mettre fin à un an de violences en Syrie et demandant instamment à Damas d'appliquer sans tarder ses propositions de règlement.
Interrogé sur les critiques du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition, qui estime que le texte onusien donne davantage de temps au régime pour poursuivre ses exactions, Alain Juppé s'est au contraire "réjoui de cette déclaration parce qu'elle nous permet enfin de commencer à sortir du blocage qui existait aux Nations unies".
La Russie et la Chine ont à deux reprises, en octobre et en février, opposé leur veto au Conseil de sécurité contre des projets de résolution condamnant la répression en Syrie exercée contre l'opposition par le régime du président Bachar al-Assad.
"Nous faisons confiance à M. Kofi Annan pour convaincre les parties qu'il faut mettre en oeuvre cette déclaration", a poursuivi Alain Juppé, devant la presse.
Jeudi, l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud avait jugé que la déclaration était "un premier pas dans la bonne direction", précisant que Paris cherchait toujours à obtenir du Conseil une résolution. Une résolution du Conseil de sécurité est contraignante, alors qu'une déclaration ne l'est pas.

