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Culture

Sacrée et profane, une musique dans la main de l’ange...

OLJ
19/03/2012
Une fois de plus, le Festival al-Bustan a investi l’enceinte de l’église Saint-Joseph (USJ) pour mêler, avec des accents éminemment latinos, musique sacrée et profane.
Musique à la spiritualité intense, comme portée dans la main d’un ange, comme une prière chantée en hymne.
Dans le décor de la semaine dernière (arbres « ever green » cachant les arcades des nefs, fleurs multicolores couvrant l’autel et un collier de bougies allumées sur le parapet supérieur), le menu de la soirée incluait des pages de Heitor Villa-Lobos (Bachiana Brasileira, une cantilène et une danse) dédiées à la beauté de la nuit.
La soprano Guadalupe Jiménez a animé ce chant d’un lyrisme frémissant, accompagnée de quelques musiciens, notamment les trémolos des violoncellistes.
Avec Astor Piazzolla, place aux souvenirs avec Oblivion et un Violentango qui a électrisé l’audience. Vedette des partitions de Piazzolla, le bandonéon de Mario Stefano Pietrodarchi, particulièrement éloquent sous les doigts d’un artiste en transe. Un bandonéon qui gonfle et serpente comme un esprit ivre de plaisir de lâcher des notes mêlant désespoir et étincelles de vie, fièvre nocturne et caresse de soleil.
En bis, un hommage au père avec cet admirable Adios Nonino.
Et, après la pause, vient ce somptueux et solennel oratorio El Pueblo Joven (un texte en langue espagnole signé Horacio Ferrer et récité ici en toute gravité et émotion par le ténor Dario Schmunk) qui se donne à Beyrouth, pour la quatrième fois mondialement et dont on a retenu ce soir-là une version enregistrée.
Œuvre puissante pour les riverains de Rio de la Plata et invocation toute en incantation pour les gens de la mer, pour un retour à la vie à travers les générations montantes. Au pupitre du chant, Guadalupe Jiménez. Pour lui donner la réplique, l’Orchestre philharmonique libanais sous la direction de Gianluca Marciano, le chœur de l’Université antonine (sous la houlette du père Toufic Maatouk) et surtout le bandonéoniste Mario Stefano Pietrodarchi.
Narration torrentielle et d’une déchirante beauté sonore, véhiculant force de vie, crainte de la mort mais aussi besoin et espoir de résurrection.
On retiendra surtout les dernières mesures d’un final en apothéose. Une éblouissante et grandiose gerbe de notes, littéralement à couper le souffle. Ovation délirante et deux bis dont ce merveilleux Libertango qui n’a pas fini de faire le tour du monde et de séduire toutes les audiences, sans distinction de frontières ni de race...

E. D.

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