Selon l'agence officielle Sana, "des millions de Syriens ont afflué depuis le matin (...) pour dire au monde que le peuple syrien a choisi l'unité nationale et la stabilité loin des ingérences et du diktat étranger".
Dans le même temps, quelques manifestations anti-régime ont été dispersées par les forces de sécurité, selon les Comités locaux de coordination (LCC) qui chapeautent la contestation sur le terrain.
A Alep (nord), les policiers ont tiré du gaz lacrymogène sur une manifestation d'étudiants tandis qu'à Douma, dans la province de Damas, ils ont ouvert le feu sur les manifestants rassemblés devant une mosquée.
D'autres rassemblements ont eu lieu à Deraa, berceau de la contestation dans le sud, mais d'une ampleur moins importante que d'habitude dans cette ville théâtre d'une campagne d'arrestations ces derniers jours.
La télévision officielle syrienne a montré les images de dizaines de milliers de personnes portant des portraits du président Assad sur la place des Omeyyades à Damas et dans les principales places d'Alep, Lattaquié (nord-ouest) Soueida (sud) et Hassaka (nord-est).
Il s'agit de villes relativement peu touchées par la contestation, comparé aux autres régions syriennes où les forces gouvernementales intensifient leur répression.
Sur fond de musique patriotique jouée par un orchestre sur place, beaucoup agitaient des drapeaux syriens, russes pour "remercier Moscou de son soutien à Damas"- et celui du Hezbollah chiite, principal allié de M. Assad au Liban.
"On n'a pas peur de la mort, on est prêt à se sacrifier pour toi, O Syrie", chantaient les manifestants, ou encore "Vive l'armée!".
"Dans une démocratie, c'est la majorité qui tranche (...) ces gens représentent un vaste mouvement, en face, ils (les anti-régime) ne sont qu'une poignée", commentait une analyste à la télévision d'Etat.
Les autorités ont appelé à une "marche mondiale pour la Syrie" sur une page Facebook intitulée "Likes for Syria" qui rassemble plus de 12.800 "amis". Elle a été créée le 4 mars 2012 pour contrecarrer la page phare des militants anti-régime "The Syrian revolution 2011" (plus de 422.200 "amis").
"Après un an de pression sur la Syrie, on veut faire entendre notre voix: 'Laissez la Syrie en paix'", affirme une Syrienne interviewée par la télévision d'Etat.
Le régime Assad refuse depuis le début de la révolte de reconnaître la révolte et se targue du "soutien" de son peuple pour pourchasser les "gangs terroristes qui sèment le chaos".
Mais selon l'ONU, les ONG internationales, les militants sur place, les forces du régime ne cessent de réprimer les civils alors que les combats se sont multipliés entre militaires dissidents et soldats lourdement armés.
Plus de 8.500 personnes, en majorité des civils tués dans la répression, ont péri en Syrie depuis le 15 mars 2011.
La reprise par l'armée de plusieurs bastions de la contestation et la poursuite de la répression sanglante risquent de dissuader la population de répondre à l'appel des militants pro-régime à manifester.

