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Culture - Exposition

Les jardins enchantés et enchanteurs de Fatima el-Hajj

Quarante-deux huiles, retouchées à l’acrylique, à l’inspiration d’un post-impressionnisme « bonnardien » et signées Fatima el-Hajj, sur les cimaises de la galerie Alwane.

Au cœur des sous-bois...

Jardins lumineux, rieurs ou frissonnants au vent d’automne, enchantés et enchanteurs, pour une palette virtuose.
Promenade impromptue, pour le plaisir des yeux et des sens, au cœur des sous-bois, du parc de Montsouris ou du Ranelagh parisiens aux frondaisons et l’azur de Remeïlé, dernier village du Chouf, aux alentours de Saïda. Promenade qui a toute l’allure d’une douce flânerie avec une femme peintre qui, sans mélancolie excessive ni exaltation démesurée mais une insaisissable part de poésie et une sensibilité à fleur de peau, sait restituer toutes les vertus et les beautés de la nature.
Une artiste grande amie de cette nature car, de ses moments de jardinière zélée, bienveillante à l’épanouissement de son potager, de son verger et de ses roses, Fatima el-Hajj, au laborieux parcours de peintre depuis 1984 jalonné de succès, d’estime de la presse et de la faveur et ferveur du public, a gardé intacts et vibrants les précieux moments qu’on partage avec un environnement verdoyant.
Pour son chevalet, sa palette, sa toile tendue et ses tubes de couleurs, il s’agit surtout d’une nature bienfaitrice, consolatrice, inspiratrice.
Pour Fatima el-Hajj, la vie est un jardin. Fleuri de préférence, mais elle n’ignore pas non plus les délices et la volupté de déambuler entre des arbres décharnés avec la musique des feuilles rousses et sèches qui tapissent les sentiers de leur murmure et de leur confidence.
En formats divers (la plus grande toile mesure 3m x 1m70), en di ou triptyque, en cadres moyens ou en tableautins, l’univers pictural de cette brillante élève de Chafic Abboud est touché par une certaine grâce, une certaine sérénité, mais aussi parfois par une certaine tourmente, une certaine angoisse, une certaine électricité, une certaine nervosité. Par des lignes hachurées, des aplats sombres ou gris, des ombres menaçantes, des coins délibérément livrés à des zones opaques, à des couleurs improbables, notamment ces indéfinissables nuances violettes aux reflets à la tristesse profondément mauve.
Rêverie, spiritualité, besoin d’évasion, droit à la liberté (de l’esprit et de soi), refuge au sein des arbres et des sillons de la terre que cette peinture qui offre à voir un monde bouillonnant, vaguement vaporeux, tout en fin tracé de silhouettes, d’ombres fuyantes ou de lumineuses présences.
Monde un peu brumeux, malgré des incursions ensoleillées, dans un fouillis de lignes souvent délibérément filandreuses et une explosion de couleurs, plus portée à la joie qu’à la mélancolie. Couleurs exubérantes ou tendres, parfois incendiaires et toniques, rarement froides ou
indicibles.
Une tournée autour de ces toiles qui respirent le grand air, la vie campagnarde, les grands parcs aux espaces vivifiants ou des intérieurs aux fenêtres donnant vue sur un gazouillis de plantes rebelles à l’insolence tout en tonalités joviales.
Une liseuse et son chat (encore une fois bonjour Bonnard, à part l’enseigne du musée Cannet), un bout de table et des chaises en fer forgé noir, un pan de verdure comme un bout de jungle décapitée, un rituel de café oriental avec cafetière bleue et petites tasses prêtes à tinter, un mur au lierre vermillon, un camaïeu de gris, l’approche de l’hiver, un chien qui roupille, un passant devant des bancs vides, des enfants tendrement veillés par les adultes...
Pour cette peinture d’une belle modernité, sans extravagance ni contorsion inutile, voilà un monde à la fois proche et lointain, feutré et rêveur, harmonieusement habité de douceur et de chaleur. Un monde où le pinceau et les couleurs ne se déparent jamais d’une poésie à la touche impalpable et diaphane.
Jardins lumineux, rieurs ou frissonnants au vent d’automne, enchantés et enchanteurs, pour une palette virtuose.Promenade impromptue, pour le plaisir des yeux et des sens, au cœur des sous-bois, du parc de Montsouris ou du Ranelagh parisiens aux frondaisons et l’azur de Remeïlé, dernier village du Chouf, aux alentours de Saïda. Promenade qui a toute l’allure d’une douce flânerie avec une femme peintre qui, sans mélancolie excessive ni exaltation démesurée mais une insaisissable part de poésie et une sensibilité à fleur de peau, sait restituer toutes les vertus et les beautés de la nature. Une artiste grande amie de cette nature car, de ses moments de jardinière zélée, bienveillante à l’épanouissement de son potager, de son verger et de ses roses, Fatima el-Hajj, au laborieux parcours de peintre depuis 1984...
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