Un an après le début de la révolte syrienne, cet ambassadeur, François Zimeray, est "dans la région" pour recueillir des témoignages qui permettront à la France de "porter un dossier d'accusation" devant la CPI, a précisé mercredi l'un de ces diplomates à l'AFP sous couvert d'anonymat.
L'objectif est de réunir des éléments tangibles qui empêcheront les éventuelles personnes mises en accusation de se sortir de la procédure judiciaire avec un non-lieu, a-t-on ajouté de mêmes sources.
La Cour pénale internationale (CPI) est un tribunal pénal international permanent chargé de poursuivre les auteurs présumés de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. La seule possibilité pour la CPI d'ouvrir une enquête en Syrie, qui n'est pas membre du traité fondateur de la Cour, est une saisine par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Une éventualité peu probable en raison de l'opposition jusqu'à présent au sein de cette instance de la Russie et de la Chine à toute condamnation du régime syrien au nom du principe de non-ingérence.
Dimanche, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, en évoquant sa "frustration" devant les crimes en Syrie, avait dit avoir demandé à ses services de réunir "les éléments de preuve" qui "permettraient de traduire les dirigeants syriens et notamment le président syrien devant la Cour pénale internationale".
Il avait précisé que François Zimeray était "en train de faire ce travail", sans en dire plus, probablement pour protéger ses démarches et contacts.
Plusieurs pays ou organisations se sont lancés ou vont se lancer prochainement dans ce même travail.
A Genève, le Haut commissaire adjoint aux droits de l'Homme, Mme Kyung-wha Kang, a indiqué mardi que des observateurs de l'ONU seraient envoyés cette semaine dans les pays voisins de la Syrie pour recueillir des informations sur les "violations et atrocités" commises.
De nombreuses ONG nourrissent déjà un dossier à charge sur le cas syrien, et l'Union européenne et la Grande-Bretagne seraient aussi sur une procédure similaire, selon des sources diplomatiques européennes. Mercredi, Amnesty international a dénoncé "un monde cauchemardesque de torture systématique" dans les prisons syriennes.
Les violences ont fait plus de 8.500 morts depuis le 15 mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Par ailleurs, 30.000 réfugiés ont été enregistrés par le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), qui évoque le chiffre de 200.000 déplacés.

